• Le chanteur, mort à l’âge de 74 ans, a souvent eu des démêlés avec le fisc.
  • Johnny Hallyday ne s’intéressait pas à la gestion de sa fortune et préférait vivre au jour le jour.
  • Il avait reconnu que cela avait eu un impact sur sa carrière.

 

« J’adore l’argent et, en même temps, je m’en fous royalement ». En 2003, Johnny Hallyday accordait un entretien à Télérama et dévoilait son rapport à la richesse : « Je vis bien, expliquait alors le rockeur. Mes seuls ennuis avec l’argent, c’est que j’en dépense trop et qu’ensuite j’en dois beaucoup au fisc ».

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De fait, la star de la musique n’a jamais été un gestionnaire de patrimoine avisé. « C’est un jouisseur, pas un accumulateur », raconte Lee Halliday, le « père spirituel » du chanteur, dans la biographie Johnny Hallyday : L’histoire d’une vie(1990, Fayard). Une façon de vivre qui va lui coûter cher à de nombreuses reprises.

 

Le fisc et la maison de disques

Les premiers ennuis démarrent au milieu des années 1970. La justice lui reproche plusieurs omissions dans ses déclarations de revenus pour les années 1971 et 1972, des déclarations qu’il ne remplissait pas lui-même. Finalement, le chanteur sera condamné à de la prison avec sursis ainsi qu’à une très lourde amende de plusieurs millions de francs.

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Cette dette va le poursuivre pendant une vingtaine d’années, et aura une lourde influence sur sa carrière : « Dans les années 1990 j’étais ratissé, condamné à enchaîner les disques et les tournées » reconnaissait Johnny Hallyday en 2003. Car derrière la star, sa maison de disques de l’époque, Polygram (puis Universal), assure ses arrières, et en profite pour prolonger son contrat. « Comment dire non, ou merde, à une maison de disques à laquelle on doit des millions ? » s’interrogent Les Inrocks en 2011.

« J’en ai marre (…) de payer ce qu’on nous impose comme impôts »

L’auteur de l’article, le journaliste Marc Beaugé, confie aujourd’hui « avoir de la tendresse » pour l’icône française du rock et sa manière de vivre : « C’était un homme très généreux, glisse-t-il à 20 Minutes. Tout était grandiose chez lui, il avait le train de vie d’une star d’Hollywood, même si ses revenus ne suivaient pas toujours ».

Même après son « divorce » coûteux avec Universal en 2004, Johnny Hallyday ne reste pas très longtemps à l’abri des polémiques. En 2006, il demande la nationalité belge, y renonce, puis part s’installer en Suisse. « J’en ai marre, comme beaucoup de Français, de payer ce qu’on nous impose comme impôts » se justifie alors la star. Quelques années plus tard, il deviendra finalement résident fiscal… aux États-Unis.

Nouvelle tournée et paradis fiscaux

En 2012, nouveau coup de massue : le fisc lui notifie un redressement de 9 millions d’euros, juste après l’annonce d’une nouvelle tournée, suite à une enquête sur des transferts de fonds supposés via des paradis fiscaux. Finalement, la somme demandée sera largement revue à la baisse, mais le chanteur sera tout de même sommé de payer 140.000 euros après avoir perdu un dernier recours en février 2017, quelques mois avant son décès.

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