«Dark» sur Netflix: La série allemande qui va vous faire oublier «Stranger Things» (et «Derrick»)

SERIE Une disparition d’enfant, une inquiétante centrale nucléaire, une pincée de musique des années 1980… « Stranger Things » ? Non, « Dark », la géniale série Netflix allemande mise en ligne vendredi et qui mérite mieux que d’être comparée hâtivement à son homologue américaine…

Fabien Randanne

— 

Louis Hofmann dans la série «Dark».

Louis Hofmann dans la série «Dark». — Julia Terjung / Netflix

  • « Dark », la première série allemande produite par Netflix a été mise en ligne vendredi.
  • L’intrigue, qui s’articule sur des disparitions d’enfants, recourt au fantastique.
  • Les dix épisodes de la saison 1 méritent d’être vus pour leur atmosphère et pour leur scénario retors qui n’oublie pas l’émotion.

[L’article qui suit ne contient aucun gros spoiler et reste évasif sur l’intrigue de la série. Pour éviter les divulgâcheurs, ne visionnez pas la vidéo.]

Quand vous entendez « série allemande » vous pensez « inspecteur Derrick qui fait la gueule et décors verdâtres qui tirent la tronche » ? C’est dire à quel point ce feuilleton qui s’est baladé sur la grille de France Télévisions pendant des années a conditionné nos préjugés.

Dans Dark, la première série Netflix allemande mise en ligne vendredi, les personnages ne respirent pas la joie de vivre, les intérieurs déclinent toutes les teintes automnales et la météo n’est que dépressions - au propre et au figuré… Mais tout ça crée une atmosphère mystérieuse, essaime l’angoisse, diffuse une mélancolie sourde. Bref, une ambiance dans laquelle les fans de polar auront envie de plonger tête la première. Le tout est emballé dans une bande originale du meilleur goût où l’on retrouve Agnès Obel, Fever Ray, Apparat et même Nena, en caramel eighties. C’est vous dire si c’est classe !

Frissons d’angoisse, bouffées d’émotion

L’histoire nous transporte en novembre 2019, dans la petite ville de Winden. Alors que l’avis de recherche d’un adolescent est placardé depuis plusieurs jours, une nouvelle disparition survient. Trente-trois ans plus tôt, un autre jeune du coin s’était évaporé dans des circonstances tout aussi étranges… Autant d’événements qui atteignent, plus ou moins fortement, la dizaine de personnages que suit le scénario.

On ressent très vite que ce point de départ on ne peut plus classique pour un thriller va déboucher sur un programme plus surprenant (euphémisme). Si le fantastique s’immisce dans l’intrigue, Dark reste toujours ancré dans une réalité crédible pour mieux transformer les frissons de l’angoisse en bouffées d’émotion.

L’intrigue fait des saltos

Soyez prévenu, Dark n’est pas la série qui se regarde « en faisant autre chose ». Insistons : déconnectez-vous de Candy Crush, n’ébauchez pas mentalement votre liste de courses du lendemain et, en cas d’envie pressante, appuyez sur pause. Vraiment.

Les dix épisodes enchaînent les points d’interrogations et n’apportent des réponses que pour poser de nouvelles questions. Un délice pour les amateurs d’énigmes qui se remémoreront peut-être certains scénarios complexes de Lost (sauf que là les scénaristes savent où ils vont). L’intrigue enchaîne les saltos avant et arrière mais retombe toujours sur ses pattes. C’est le spectateur qui a le tournis, chamboulé par les perspectives vertigineuses qui traversent le récit. En résumé, Dark est loin, très loin, de Derrick.