Concert Hip-Hop Symphonique: «Ce n'est pas facile pour un orchestre classique d'obtenir un son groove», explique la cheffe d'orchestre Dina Gilbert

MUSIQUE La cheffe d'orchestre Dina Gilbert dirige les musiciens et les rappeurs de la deuxième édition de «Hip Hop Symphonique»...

Benjamin Chapon

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L'édition 2016 de Hip-Hop symphonique avait été un grand succès

L'édition 2016 de Hip-Hop symphonique avait été un grand succès — Thomas Bartel

L’orchestre philharmonique de Radio France remet ça. Un an après une première édition unanimement saluée comme un succès, Hip Hop Symphonique revient, jeudi 30 novembre. Le concert est d’ores et déjà complet mais sera diffusé en direct sur le Mouv. Le principe reste le même : un orchestre symphonique accompagne des rappeurs venus interpréter leurs hits. Pour cette édition, il y aura Oxmo Puccino, Gaël Faye, Les Sages Poètes De La Rue et Georgio. Issam Krimi, directeur artistique de l’événement, et Camille Pépin se sont chargés d’arranger et orchestrer les morceaux hip-hop pour qu’ils puissent être joués par un orchestre.

La cheffe d’orchestre canadienne Dina Gilbert, déjà à la tête de l’orchestre l’an dernier, est également de retour. Nous avons profité d’une pause pendant les répétitions pour lui poser quelques questions.

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Les répétitions ont l’air intenses. Ce projet est compliqué à réaliser ?

D’un point de vue musical, non, c’est assez facile parce que les musiciens sont excellents. Mais d’un point de vue technique, ça nous demande beaucoup de travail pour que tout soit bien en place. Il y a aussi des choristes, des enfants… On a une grande exigence de qualité sur ce projet. Si c’est pour le faire mal, autant ne pas le faire…

Comment se passe la collaboration entre rappeurs et musiciens d’orchestre ?

Très bien. Là encore, le plus compliqué est un problème technique. En plus de l’orchestre nous avons une section rythmique et quelques instruments électriques amplifiés. Il faut faire collaborer tout cela et que l’ensemble soit harmonieux.

Pourquoi l’orchestre seul ne suffit-il pas ?

Ce n’est pas facile pour un orchestre classique d’obtenir un son groove. Or, dans le rap, il y a un ancrage rythmique nécessaire.

Les violons n’arrivent pas à donner le kick ?

Mon travail consiste à ce que chacun soit dans un environnement le plus confortable possible. L’orchestre s’adapte à des partitions formidables mais inhabituelles, et il travaille pour garder sa qualité, ses nuances. Les rappeurs eux redécouvrent leurs morceaux avec de nouvelles couleurs et tonalités mais doivent se plier à des contraintes, comme l’exigence de rester dans un tempo strict et de s’astreindre à de nombreuses répétitions.

Y a-t-il toujours un choc des cultures entre rappeurs et musiciens d’orchestre ?

Oui et non. Les pratiques musicales sont différentes mais tout le monde est très volontaire et fait les concessions nécessaires. L’an dernier c’était le baptême du feu mais cette fois, il y a moins de préjugés. On sait tous que l’excitation du concert emportera toutes les appréhensions.