• En fin d’année, les journalistes et blogueurs culturels publient leurs traditionnels Top. Nombre de leurs lecteurs se plient aussi à l’exercice.
  • Ce week-end, le hashtag « JoueLaCommeBonello » a permis à un grand nombre d’internautes de partager leurs goûts cinématographiques sur Twitter.
  • « 20 Minutes » s’est amusé à établir une typologie des profils les plus courants.

Ce week-end, sur Twitter, les internautes se sont amusés avec le hashtag, #JoueLaCommeBonello. A l’instar du réalisateur Bertrand Bonello qui a posté son Top 10 des meilleurs films des dix dernières années écoulées, de nombreux abonnés sur Twitter ont partagé leurs préférences cinématographiques.

Un avant-goût du traditionnel exercice des Top 10 de fin d’année auquel aiment se prêter journalistes, blogueurs et cinéphiles afin de faire savoir ce qui les a marqués sur grand écran depuis le mois de janvier. Mais tout le monde n’envisage pas ce petit jeu de la même manière. Passage en revue des profils les plus courants…

  • L’indécis

Pour paraphraser librement Clint Eastwood dans Le Bon, la brute et le truand, « le monde se divise en deux catégories : ceux qui ont un Top 10 chargé de dix titres et ceux qui s’éparpillent ». Les indécis sont donc ceux qui débordent et finissent avec une liste de onze films. Dans cette sous-catégorie, il y a ceux qui assument (« Bon, je cite onze films, mais je ne peux pas faire autrement »), celles et ceux qui n’assument pas (ils ajoutent, gênés une ligne « + en bonus ») et ceux qui pensent que personne ne va les griller en faisant le coup des ex aequo. Sans parler des incurables qui vous balancent un Top 15, un Top 20, voire, s’ils sont un peu « iconoclastes », « un Top 17 parce qu’on est en 2017 ! » Les indécis s’entendent très mal avec les « pinailleurs ».

  • Le snob

Le Top 10 d’un snob se repère au premier coup d’œil : les trois quarts des films qu’il cite – en indiquant leur titre original et non leur titre français, ce qui serait une faute de goût – ont eu une audience confidentielle. Le snob est donc coutumier des procès d’intention : où s’arrête la sincérité et où commence le calcul ? A-t-il vraiment aimé ces films plus que tous les autres ? Ou cherche-t-il à se distinguer ? Pour ne pas paraître trop élitiste, il consent à citer un blockbuster. Cette année, ce sera sans doute plutôt Blade Runner 2049 (d’autant plus volontiers qu’il a été un flop en salles) ou Logan que Thor : Ragnarok. A noter que le snob peut aussi être, en plus, « iconoclaste », « journaliste » et/ou « prise de tête ».

Le Top du «snob».
Le Top du «snob». - F.R.
  • Le consensuel

Son livre préféré : L’Alchimiste, de Paulo Coehlo. Son film préféré : Pulp Fiction. Son groupe préféré : les Beatles. La palme d’or, deux ou trois films oscarisés, et des œuvres ayant fait l’unanimité auprès du public et des critiques : Le Top 10 du consensuel n’est jamais surprenant, jamais drôle. Avantage : il ne se disputera avec personne. Inconvénient : il ne se disputera avec personne.

Le Top du «consensuel».
Le Top du «consensuel». - F.R.
  • L’iconoclaste

L’iconoclaste aime se distinguer tout en se mettant à l’abri du moindre soupçon d’élitisme. Son Top est conçu de manière à prouver qu’il aime le cinéma, tous les cinémas. Dans sa liste, il sera capable de faire voisiner la dernière Palme d’or avec Valerian et la Cité des mille planètes, n’oubliera pas de glisser un film d’animation, un long-métrage horrifique et un documentaire. Les plus provocateurs y feront apparaître une émission de télé, comme ce journaliste des Cahiers du cinéma qui avait cité Loft Story dans son Top de 2001. Cette année, pour attiser les débats, la meilleure option sera de mentionner la saison 3 de Twin Peaks ou une production Netflix. Sachez-le : les « iconoclastes » fuient comme la peste les « consensuels ».

Le top de «l'iconoclaste».
Le top de «l'iconoclaste». - F.R.
  • Le journaliste

Le journaliste ciné a ce privilège de voir la grande majorité des films en avance, que ce soit en projection de presse ou dans les festivals. C’est pourquoi son Top 10 peut être composé de films qui ne sont pas encore sortis (attention, si son Top qui comprend des films sortant fin décembre est publié début décembre, il n’est pas forcément un snob). Volontairement ou non – à force de voir des films en anticipation, il peut se mélanger dans le calendrier des sorties, il se risquera peut-être à citer des œuvres qui ne seront à l’affiche des salles françaises qu’en 2018… Voire, jamais. Le plus souvent, le journaliste cumule aussi un autre profil : généralement « snob », « iconoclaste » ou « pinailleur ».

Le Top du «journaliste».
Le Top du «journaliste». - F.R.
  • Le « qui s’en fout »

Si, quand vous demandez à quelqu’un son Top 10, il vous répond : « Ouh la ! Je suis pas sûr d’avoir vu dix films cette année » et veut savoir si ceux qu’il a vus à la télé « ça compte », pas de doute, vous êtes face à quelqu’un qui n’en a rien à faire. Vous récolterez donc sans doute des listes incomplètes, mentionnant des films sortis en 2016, voire en 1984. Est-ce grave ? Non. En revanche, il peut être intéressant de voir quels sont les titres qui lui sont restés en mémoire. Le genre de suggestion dont le « snob » ne veut pas entendre parler.

Le Top du «qui s'en fout».
Le Top du «qui s'en fout». - F.R.

Le « pinailleur »

Le pinailleur a ses marottes. Il est capable de faire un Top 10 par genre (comédie, drame, fantastique, horreur…), séparera les documentaires et les fictions, et citera les titres originaux des films, mentionnera le nom du réalisateur ou de la réalisatrice, voire le pays d’origine. Pour lui, le cinéma est une affaire trop sérieuse pour qu’on se permette de faire dans l’à peu près. C’est vous dire s’il juge les « qui s’en fout » à peine plus infréquentables que les « iconoclastes » prompts à considérer comme du cinéma des œuvres qui n’ont jamais eu les honneurs du grand écran. Parfois, le pinailleur, fait un Top à contrecœur, on le repère par son choix de classer les films par ordre alphabétique et non de préférence (motif : « Comment puis-je prétendre dire que Silence de Scorsese est objectivement meilleur que le dernier documentaire de Depardon ? »)

Le top du «pinailleur».
Le top du «pinailleur». - F.R.
  • Le stakhanoviste

Comme le pinailleur, le stakhanoviste aime faire des Top par genre, mais son plaisir à lui, c’est de faire des Top. Son kiff : égrainer la publication de ses listes tout au long du mois de décembre. Sa page Facebook, se transforme donc en calendrier de l’Avent : Top des meilleures actrices, le 1er décembre ; des meilleurs acteurs le 2, etc. Généralement, autour du 17 décembre, il aborde les meilleures histoires d’amour et le 29 son inspiration le porte vers les « meilleures scènes d’homicides involontaires » (à ne pas confondre avec le Top des « meilleures scènes d’homicides volontaires » prévu le lendemain). Le stakhanoviste l’est aussi dans la fréquentation des salles. Il voit 200 films par an, multiplier les Top est donc pour lui le meilleur moyen de ne pas être un « indécis » et de griller les « snobs » qui encensent des pensums.

Et vous, vous reconnaissez-vous dans un de ces profils ? En avons-nous oublié un ? Faites-le nous savoir dans les commentaires.