Heureusement que Johnny est né au temps de la vidéo. Car le génie du taulier, c’est d’abord sa présence sur scène. Ses jeux de postures et de regards avec le public. Toujours à la limite du ridicule, mais parvenant à le dompter, justement parce qu’il sait en faire tellement trop que spectateurs et spectatrices plongent avec lui. Les captations de ses performances  rendent justice à la bête de scène et à ses qualités inouïes d’interprète. 20 Minutes a retrouvé et analysé quelques-unes de ces performances inoubliables.

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Les débuts de « Johnny la douceur »

Aux débuts, ici au festival de Rock en 1961, la présence scénique de Johnny est tout en déhanchés, twist, postures extravagantes, cassages de guitares et énergie libérée. Mais ce n’est pas encore le patron.

Si l’histoire a retenu les fauteuils cases de l’Olympia ou la foule en délire au concert de la Nation, c’est pourtant aussi le temps de Johnny la douceur, Johnny la larme facile, qui chante Tes tendres années.

Une présence scénique unique et très télégénique

Mais disons-le, la vraie raison d’être d’Hallyday, celle qui rend sa présence scénique unique et télégénique, c’est sa gestuelle, son jeu de regards, qu’on avait eu l’occasion à 20 minutes de décortiquer de près lors du live de son concert à Bercy pour ses 70 ans le 15 juin 2013. A ce petit jeu, certaines chansons valorisent particulièrement son art. Que je t’aime par exemple au Parc des Princes en 1993, qui permet à l’artiste de déployer toute une gamme de sentiments joués et surjoués : colère, exaltation, dépit, colère…

C’est une autre chanson de lover en colère Derrière l’amour qui lui permet de déployer toute la gamme des doigts pointés, de regards d’acier et furieux mais finalement un peu tendres aussi. Interprétation au concert de la Tour Eiffel

Catherine Ringer, Lara Fabian : Les duos de feu de Johnny Hallyday

Autre titre propice au déploiement parfait de la geste hallydayenne : Ma gueule. Autre dispositif scénique récurrent chez Johnny susceptible de pousser encore davantage le chanteur au bout de ses émotions : le duo. Pas toujours réussis, car il fallait face à Johnny des artistes d’envergure, capables de tenir tête au taulier, de ne pas s’écraser, l’exercice a néanmoins donné lieu à quelques moments d’extase. Dans Ma gueule par exemple avec Catherine Ringer à la Tour Eiffel en l’an 2000. Attention, moment parfait :

Au rayon duos, on peut aussi saluer l’extraordinaire prestation de Lara Fabian et Johnny Hallyday sur le Requiem pour un fou au Stade de France en 1998

Les poignets croisés à jamais

On recommandera aussi les live de L’Envie, de Ce que je sais, Diego, et bien sûr de Gabrielle, toujours amorcée par Johnny d’un « Maintenant je vais vous parler d’une fille… Vous voyez qui je veux dire ? » et suivis des poignets croisés à jamais…