Superman fait leur fête aux suprémacistes blancs dans ses dernières aventures

COMIC Le super-héros arrête un homme qui a perdu son emploi dans une usine et s’apprête à tuer des immigrés...

M.C. avec AFP

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Une affiche de Superman au Comic Con de New York, en 2010.

Une affiche de Superman au Comic Con de New York, en 2010. — TIMOTHY A. CLARY / AFP

Fini les extra-terrestres destructeurs de planètes ou les milliardaires génies du mal : Superman protège dorénavant les travailleurs immigrés des suprémacistes blancs. Dans le dernier numéro de la série Action Comics, qui publie ses aventures depuis 1938, le super-héros de DC Comics arrête un travailleur qui a perdu son emploi dans une usine et s’apprête à tuer des immigrés.

Chemise bleue et bandana aux couleurs des Etats-Unis noué sur la tête, le personnage, moustachu, correspond aux clichés du col-bleu américain paupérisé. Arme à la main, il menace des femmes voilées et des travailleurs hispanophones, leur reprochant de lui avoir volé son travail.

Davantage de sujets de société dans les comic-books

« Vous travaillez pour pas cher, vous ne parlez pas anglais donc ne pouvez pas répondre ou demander une augmentation. Vous m’avez volé mon travail ! Mon gagne-pain ! Pour ça vous allez payer ! », s’écrit-il en ouvrant le feu sur eux. C’est à ce moment que Superman intervient et arrête les balles avec son torse. « La seule personne responsable pour la noirceur de ton âme, c’est toi ! » rétorque-t-il au suprémaciste, qui tente d’invoquer des arguments économiques pour justifier son geste.

Ce passage fait écho aux violences de l’extrême-droite américaine ces dernières années. En août, une femme de 32 ans avait été tuée par un sympathisant néo-nazi lors de violences à Charlottesville. En 2015, Dylann Roof, un suprémaciste blanc, avait tué neuf Noirs dans une église de Caroline du Sud.

Les comic-books américains tentent d’aborder plus de sujets de société depuis quelques années, pour mieux coller aux débats qui agitent le pays. Marvel Comics a ainsi lancé en 2011 une nouvelle version de Spider-Man, faisant de l’homme araignée un métis mi-noir, mi-hispanique.

Superman l’immigré

En 2016, DC Comics avait publié une histoire intitulée Superman : American Alien. Cette série abordait le tiraillement d’un jeune, Kal-El (son vrai nom), partagé entre ses origines extraterrestres et sa nouvelle vie sur Terre.

Superman est en effet un immigré, qui a quitté sa planète d’origine Krypton, promise à la destruction, quand il était bébé pour être recueilli par un couple américain dans le Kansas, un Etat agricole des Etats-Unis. Ses créateurs, Jerry Siegel et Joe Shuster, étaient deux juifs d’origine européenne. Superman représentait ces immigrants fuyant l’Europe dans les années 30 pour trouver la paix et la prospérité aux Etats-Unis.

« L’homme d’acier », dont le costume est construit à partir du drapeau à la bannière étoilée, a grandi dans une ferme et incarne parfaitement le rêve américain. Mais comme Captain America chez Marvel Comics, les différents auteurs qui ont écrit ses aventures ont interprété de différentes façons le patriotisme de Superman.

Dans la série Batman : The Dark Knight Returns publiée en 1986, Frank Miller avait ainsi fait de Superman le soldat d’élite du président Ronald Reagan, qui l’utilisait pour combattre les Soviétiques ou ramener l’ordre aux Etats-Unis, en neutralisant Batman.