Henri Salvador fait ses adieux au Palais des congrès, à Paris, le 21 décembre 2007.
Henri Salvador fait ses adieux au Palais des congrès, à Paris, le 21 décembre 2007. - HALEY / SIPA

Henri Salvador est décédé à 90 ans ce mercredi matin à son domicile, d'une rupture d'anévrisme. Une information confirmée par sa maison de disques.

«Syracuse», «Une chanson douce», «Le lion est mort ce soir», «Faut rigoler», «Juanita Banana», «Le Travail, c'est la santé», c'était lui.

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Chanteur, danseur, Henri Salvador avait fait ses adieux au Palais des Congrès, à Paris, le 21 décembre dernier. «Il faut savoir partir», avait-il alors lancé sur scène en plaisantant à moitié: «juste ce soir, c'est bien ma veine, j'ai plein de chats dans la gorge, et tous mes copains sont là! Il est temps que j'arrête, c'est pas possible ce truc.»

Lauréat de nombreux prix (artiste de l'année en 2000, plusieurs Victoires de la musique, grand prix de l'Union Nationale des Auteurs et Compositeurs (UNAC) pour l'ensemble de sa carrière en 2004), Henri Salvador est une poule aux oeufs d'or pour les maisons de disques. On ne compte plus les compilations sorties sur l'artiste. En deux ans, entre 1997 et 1999, pas moins de 14 compilations ont été éditées.

Ses guêtres à la télévision

Habitué des plateaux télé, Salvador était aussi connu pour son rire électrique, son pantalon couleur crème et son blazer digne de «La Croisière s'amuse».
Né en 1917 à Cayenne, en Guyane, il assumait avec délectation son côté clown et ne rechignait pas à chanter avec Dorothée, Sheila ou à singer la fameuse «Minnie, la petite souris».







Accro au jazz et à la guitare

Derrière cette façade de paillettes, Henri Salvador a fait des duos jazzy remarqués en compagnie du pianiste et chanteur américain Ray Charles ou du Français Michel Petrucciani. Formé à l'école des grands musiciens noirs américains et de Django Reinhardt, il magnait la guitare mais pas que. «J'ai fait du jazz, des sketches, des chansons drôles, des comptines, du music-hall, de la télévision», aimait-il répéter. Ces partisans l'affirment, c'est lui qui «a réintroduit le jazz dans la variété française».

On sait peu de choses de la vie privée d'Henri Salvador, si ce n'est qu'il était un fervent supporter du PSG, un as de pétanque («pendant que je joue aux boules, je compose», disait-il) et qu'il aurait eu un fils, le photographe Jean-Marie Périer, qu'il n'a pas voulu reconnaître.

Passionné par l'espace, Henri Salvador disait ne pas appréhender la mort: «Je crois à l'éternité, à l'infini. Dans notre galaxie, il y a des milliards d'étoiles, et combien y a-t-il de milliards de galaxie? Vous vous rendez compte du nombre de vies qu'on a à vivre!»

Réactions «C'est à mon retour de Guyane que je viens d'apprendre avec une infinie tristesse la disparition de l'un de ses enfants les plus éminents, mon ami Henri Salvador, a déclaré Nicolas Sarkozy. Ses refrains et sa voix de velours inimitable continueront à nous bercer, encore longtemps.»

«Ce complice de Ray Ventura, de Boris Vian comme des plus grands noms de la chanson mondiale, aura su (...) marier avec un talent unique les rythmes créoles, le blues, le jazz et la bossa nova, a commenté Bertrand Delanoë, le maire de Paris. Chacun conservera le souvenir de ces éclats de rire explosifs, signature de cet artiste élégant et généreux.»

«Henri Salvador était un immense artiste, facétieux, parfois même surprenant dans ses prises de positions, écrit Christophe Girard, adjoint au maire de Paris en charge de la Culture, dans un communiqué. Je garde personnellement un souvenir ému de son duo avec Angélique Kidjo.»

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