Test: «Crash Bandicoot», toujours aussi bon 20 ans après

JEUX VIDEO Vingt ans après ses débuts, « Crash Bandicoot » revient dans une trilogie remasterisée qui n’a rien perdu de son charme ni de sa difficulté. Compte rendu après s’être retrouvé mort environ 1.200 fois dans les pièges de Néo Cortex.

Jean-François Morisse

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On retrouve dans le jeu les trois épisodes réalisés à la fin des années 90 par le studio Naughty Dog en version remasterisées.

On retrouve dans le jeu les trois épisodes réalisés à la fin des années 90 par le studio Naughty Dog en version remasterisées. — Activision Blizzard

  • Nous avons testé Crash Bandicoot dans une version remasterisée regroupant les trois premiers jeux de la fin des années 1990.
  • Après s’être retrouvé mort plus d’un millier de fois, un constat s’impose, on s’amuse malgré tout.
  • Remake et jeux en « die and retry » semblent être deux tendances lourdes du jeu vidéo actuel.

C’est un héros culte des années 1990 qui revient à la maison. Crash Bandicoot, le marsupial le plus déjanté de l’histoire du jeu vidéo bénéficie d’une version remasterisée de ses trois premières aventures.

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Il n’y a donc pas ici un seul jeu, mais trois : le Crash Bandicoot original, Crash Bandicoot 2 et Crash Bandicoot 3 Warped, réunis sous le titre Crash Bandicoot Nsane TrilogyAutant dire que les joueurs en auront pour leur argent (environ 40€). Comme toujours avec de vieux amis, on était impatient de vivre ces retrouvailles et comme souvent dans ce cas-là, on s’aperçoit que le temps a passé et qu’en 20 ans, les choses ont bien changé…

Mais commençons par le commencement. Sitôt le jeu lancé, on se retrouve à pouvoir choisir entre les trois aventures canoniques du jeu, celles initialement conçues par le studio américain Naughty Dog (aujourd’hui derrière des titres comme Uncharted 4 ou encore The Last of us). Direction les îles Wumpa où Crash, expérience ratée du docteur Néo Cortex va partir secourir sa fiancée Tawna retenue prisonnière. Un scénario parfaitement en phase avec les aspirations de l’époque pour une aventure placée sous le signe de la plate-forme. Impossible de rester insensible à ces phases de jeu qui fleurent bon la nostalgie.

Un jeu de plate-forme exigeant pour joueurs patients.
Un jeu de plate-forme exigeant pour joueurs patients. - Activision Blizzard

Crash saute de plate-forme en plate-forme, bondit, court, évite des boules monstrueuses façon Indiana Jones, tournoie pour se défaire de ses adversaires et exploser des caisses qui parsèment son parcours… Les joueurs retrouveront dans des environnements intégralement actualisés tous les niveaux de ce Crash Bandicoot. Outre ces niveaux, on retrouve aussi la difficulté qui caractérisait les jeux de cette période. Dans un esprit très « die and retry » (mourrez et recommencez), ce remake de Crash propose un challenge pour le moins corsé. Certains jeux actuels en font aussi leur marque de fabrique. On songe à l’excellent Nioh, à Bloodborne ou bien la saga des Dark Souls.

Entre niveaux bonus, gemmes et caisses à débusquer, il faut du talent pour compléter certains niveaux à 100%.
Entre niveaux bonus, gemmes et caisses à débusquer, il faut du talent pour compléter certains niveaux à 100%. - Activision Blizzard

On manque un saut d’un millimètre ? On meurt. Le timing n’est pas parfait pour passer entre ces deux roches ? On meurt encore. Un ennemi vous touche une seule fois en pleine course et… on meurt. C’était donc cela jouer aux jeux vidéo il y a 20 ans ? « Lorsque Crash décède, cela se traduit par des dizaines d’animations différentes, nous assurait Kara Massie, la productrice du jeu, il y a quelques semaines. Et certaines sont très amusantes. » Une chance ! Quitte à mourir autant que ce soit drôle.

Il n’empêche que dès les premières minutes de jeu, on meurt à grande vitesse. Epuisez vos quelques vies et… il faudra recommencer tout le niveau au départ. Ce Crash Bandicoot serait parfait comme exercice zen enseignant patience et persévérance. On a les satisfactions que l’on peut après être mort une bonne cinquantaine de fois en à peine une heure. Presque une fois par minute ! Une performance.

« On n’a plus la patience pour ce genre de jeu », me lâche un ami alors que je m’agace à essayer, encore et encore, de sauter sur le dos d’une espèce d’hippopotame tout en envisageant de projeter ma manette contre le mur… Eloignez les enfants avant qu’un drame ne se produise : malgré son look très cartoon Tex Avery, ce Crash Bandicoot version 2017 n’est clairement pas pour les plus jeunes.

A destination d’un public sado-maso ?

« Nous avons voulu conserver le côté challenge du jeu tout en rendant le jeu plus accessible pour les débutants », estime Kara Massie. Vraiment ? Après plusieurs dizaines de décès brûlé, écrasé, noyé, broyé, dans les différents épisodes, on s’aperçoit que chaque niveau constitue un défi épique. Surtout pour ceux qui chercheront à les compléter à 100 % en collectant caisses gemmes disséminées ici ou là. Mais chaque niveau passé procure le plaisir intense du travail accompli. Les jeux vidéo très exigeants ont aujourd’hui aussi leurs adeptes. De Flappy Bird à Bloodborn en passant par un Limbo ou un Hotline Miami, c’est une réelle tendance. Surtout lorsque s’ajoute à cela le charme nostalgique pour ne pas dire pas quasi magique de Crash Bandicoot. Alors oui, on peste, on crie, on rage, on s’agace mais le plaisir est bien là. Intacte, 20 ans après. Sans doute la marque de fabrique des grands héros du jeu vidéo.