Francesco Gabbani, candidat de l'Italie à l'Eurovision 2017.
Francesco Gabbani, candidat de l'Italie à l'Eurovision 2017. - Maria Laura Antonelli/AGF/SIPA

Le résultat de la présidentielle, le futur vainqueur de la Ligue des champions, la probabilité que Donald Trump n’aille pas au terme de son mandat… On peut aujourd’hui parier sur (presque) tout et n’importe quoi. Forcément, l’Eurovision n’échappe pas aux pronostics…

  • Qui sont les principaux favoris ?

Chez les bookmakers, un candidat fait l’unanimité : l’Italien Francesco Gabbani. Il est de loin le grand favori pour la victoire finale avec sa chanson Occidentali’s Karma.

Le Transalpin n’a plus quitté cette place depuis que sa candidature a été officialisée. Certains observateurs du concours n’hésitent pas à dire que les jeux sont déjà faits et sont à deux doigts de réserver leur billet pour Rome l’an prochain.

Capture d'écran des favoris pour l'Eurovision 2017 selon le site Oddschecker, le 18 avril 2017.
Capture d'écran des favoris pour l'Eurovision 2017 selon le site Oddschecker, le 18 avril 2017. - Capture d'écran Oddschecker

Arrive ensuitele candidat de la Bulgarie, Kristian Kostov, qui du haut de ses 16 ans, concourra avec une chanson sur l’amitié qui n’a rien de révolutionnaire…

Cependant, beaucoup lui prédisent déjà une pluie de votes des déçus du retrait de la candidature russe au bout d’un psychodrame long de plusieurs semaines. L’artiste est né… à Moscou.

Robin Bengtsson complète le podium et ce n’est pas très surprenant car la Suède est à l’Eurovision ce que le Brésil est au football : un favori naturel.

Sa chanson I Can’t Go On est un ersatz de morceau pop à la Justin Timberlake. Mais cela devrait être suffisant pour que le Scandinave décroche sa place dans le Top 5 final.

En parlant de Top 5, les bookmakers misent sur le Portugal qui pourrait créer la surprise. La chanson de Salvador Sobral se démarque complètement des celle des autres candidats : mélancolique, presque anachronique, elle résonne comme une bulle d’authenticité au milieu de propositions formatées.

La cote de la Belge Blanche est en recul puisqu’elle a longtemps figuré à la deuxième place du classement des experts des paris… La chanteuse paye peut-être certaines prestations live peu convaincantes.

 

  • Et la France dans tout ça ?

Surle site Oddchecker, Alma est 8e, derrière l’Australie et l’Arménie et devant l’Azerbaïdjan et le Danemark. Une place dont elle n’a pas à rougir et qui prouve que la Française fait figure de sérieuse outsider.

Si ses premiers lives avec Requiem au Melty Awards et lors des sélections ukrainiennes pour l’Eurovision ont été en deçà des espérances, ses dernières prestations à Londres, Tel Aviv, Amsterdam et Madrid ont été parfaitement réussies. D’un concert à l’autre, la chanteuse semblait de plus en plus à l’aise sur la scène. De bon augure pour la finale. En tout cas, sa cote a remonté immédiatement.

  • Faut-il vraiment accorder de l’attention aux avis des bookmakers ?

Les bookmakers n’ont pas la science infuse. Il leur arrive de se tromper. Ainsi, en 2014, ils ne croyaient guère aux chances de la future gagnante, Conchita Wurst. Ce n’est qu’au moment des demi-finales que la cote de la drag-queen autrichienne est remontée en flèche.

L’an passé, le Russe Sergey Lazarev a été le grandissime favori pendant des semaines pour se classer au final… troisième. Et si l’on regarde le classement des bookmakers au 30 avril 2016, Jamala trônait à la huitième place alors qu’elle allait remporter l’Eurovision quelques semaines plus tard pour l’Ukraine.

Les favoris pour remporter l'Eurovision 2016, à la date du 30 avril 2016.
Les favoris pour remporter l'Eurovision 2016, à la date du 30 avril 2016. - Capture d'écran Oddschecker

Pour le moment, les listes des bookmakers aident surtout à se faire une opinion des chansons qui ont de grandes chances de se retrouver dans le Top 10 final. Pour reprendre l’exemple du 30 avril 2016, six des pays qui figuraient parmi les dix principaux favoris des bookmakers, ont effectivement terminé entre la première et la dixième place. Les quatre autres – Malte (12e), Lettonie (15e), Italie (16e) et Serbie (18e) – ont fini en milieu de classement.

Pour vraiment se faire une idée des plus sérieux prétendants à la victoire finale, il faut attendre les répétitions, début mai… Une mise en scène bien rodée est synonyme de plusieurs places gagnées tandis qu’une prestation ratée condamne à une chute plus ou moins bien amortie du candidat concerné. Que l’Italie se le tienne pour dit : elle n’a pas encore le trophée dans sa botte !

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