Chuck Berry à Monaco en 2009.
Chuck Berry à Monaco en 2009. - VILLARD/NIVIERE/SIPA

Son œuvre a influencé plusieurs générations de musiciens. Le guitariste et chanteur américain Chuck Berry, l’un des pères fondateurs du rock and roll, est décédé samedi à l’âge de 90 ans. Charles Edward Anderson Berry Sr, de son vrai nom, a été trouvé inanimé par les secouristes et son décès a été prononcé à 13h26 locales, a précisé sur son compte Facebook la police du comté de Saint Charles (Missouri).

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Qualifié de « plus grand poète du rock » par John Lennon, Chuck Berry laisse une œuvre immense, de Maybellene à Roll Over Beethoven et Johnny B. Goode. Il était « le plus grand des rockers, guitariste et le plus grand parolier de rock’n roll pur qui ait jamais vécu », a écrit sur Twitter Bruce Springsteen, qui avait une relation étroite avec Chuck Berry. De nombreux musiciens, comme Mick Jagger, Ringo Starr ou Lenny Kravitz lui ont également rendu hommage.

Celui qui a composé des dizaines de tubes des années 50, 60 et 70, parmi lesquels Sweet Little Sixteen, School Days ou My Ding a Ling, a été repris ou adapté par bon nombre d’interprètes, des Beatles aux Rolling Stones en passant par Bob Dylan ou Bruce Springsteen.

Surnommé « Crazy legs » - pour son jeu de jambes sans égal - Chuck Berry, première star noire du rock, appartenant à une génération marquée par la ségrégation raciale, aura cependant toujours gardé une forme de rancune à l’égard des artistes blancs qui ont connu le succès en reprenant sa musique.

Chuck Berry en concert pour ses 60 ans à Saint-Louis (Missouri), le 17 octobre 1986.
Chuck Berry en concert pour ses 60 ans à Saint-Louis (Missouri), le 17 octobre 1986. - James A. Finley/AP/SIPA

 

Le héros d’une jeunesse blanche fascinée par le rock

Né le 18 octobre 1926 à Saint Louis (Missouri). Il apprend la guitare jazz durant son enfance, tout en accumulant les petits boulots et en flirtant avec la délinquance. Devenu coiffeur, marié et père de famille, il arrondit ses fins de mois en jouant de la guitare dans des clubs, lorsqu’il est remarqué par le bluesman Muddy Waters.

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En 1955, il enregistre sa première chanson, Maybellene, qui devient un tube phénoménal et marque pour lui le début de dix années de succès. Chuck Berry enregistre ensuite Thirty Days, No money down et Roll Over Beethoven (1956), avant d’enchaîner les tubes : School Days et Rock and Roll Music en 1957, Sweet Little Sixteen, Carol et Johnny B. Goode en 1958, Little Queenie, Memphis Tennessee et Back in the USA en 1959.

A la fin des années 50, son succès est gigantesque, ses chansons sont partout et il parvient, avec des thèmes simples et universels exaltant les préoccupations des adolescents - la fête, le flirt, les voitures, l’école - à devenir le héros d’une jeunesse blanche fascinée par le rock.

Il avait enregistré un nouvel album

Sa carrière est ensuite freinée par une condamnation en 1961 et un séjour de deux ans en prison pour une affaire de mœurs. A sa sortie, il traverse une période difficile, tandis que ses standards commencent à être repris par des groupes européens comme les Beatles ou les Rolling Stones.

Chuck Berry ne renoue avec le succès qu’au début des années 70, avec My Ding A Ling (1972), qui le replace au sommet des hit-parades. Il multiplie alors les tournées, monnayant très cher ses apparitions.

Défrayant à nouveau occasionnellement la chronique par ses démêlés avec la justice, le chanteur se retire ensuite peu à peu, continuant cependant à donner des concerts, de plus en plus espacés.

Le jour de son 90e anniversaire il avait créé la surprise en annonçant la sortie d’un nouvel album, son premier depuis près de 40 ans. Sobrement intitulé Chuck, l’album a été enregistré dans des studios près de Saint-Louis et devait sortir dans le courant de cette année.

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