Vermeer: Une exposition au Louvre tord le cou à la légende du génie solitaire

ART L'exposition sera ouverte au public du 22 février au 22 mai...

20 Minutes avec AFP

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Kate Middleton au musée Mauritshuis de La Haye pour une expo Vermeer

Kate Middleton au musée Mauritshuis de La Haye pour une expo Vermeer — Papixs/SIPA

Vermeer était-il un génie solitaire, enfermé dans son atelier ? Non, répond le Louvre avec une exposition qui démonte la légende et relie le maître à tout un réseau de spécialistes de la peinture de genre, si prisée à la fin du 17e siècle dans les Provinces-Unies.

Douze chefs-d’œuvre réunis

« Vermeer, le Sphinx de Delft », un qualificatif célèbre dû au Français Théophile Thoré-Burger, redécouvreur de Vermeer à la fin du 19e siècle, et une expression à laquelle le commissaire d’expo Blaise Ducos a voulu tordre le cou. « L’exposition n’est pas une monographie, elle présente Vermeer parmi ses pairs, ses rivaux, ses collègues, ses suiveurs », souligne-t-il.

La Lettre, La Dentellière, Le Géographe et l’iconique La Laitière… douze de ses œuvres, soit un tiers de sa production connue, sont réunies dans l’exposition qui compte 70 tableaux et nombre d’artistes importants tels Gérard Dou, Gerard ter Borch, Jan Steen, Pieter de Hooch, Gabriel Metsu…

La circulation des thèmes entre les artistes

Une exposition au Met à New York avait déjà abordé les réseaux artistiques du peintre dans la ville où il est né et a travaillé toute sa vie. « Nous avons étendu le raisonnement à l’échelle du pays », le plus riche de son temps, doté du meilleur réseau de transport de l’époque et régnant sur les mers, du Japon au Brésil, explique le commissaire.

L’exposition met en évidence une circulation des mêmes thèmes entre les artistes (la leçon de musique, les perroquets), et décline « l’éventail des relations possibles », éclaire Blaise Ducos : « plagiat, émulation, citation, hommage, sans oublier ceux qui sentent le filon artistique ».

Deux à trois tableaux par an

Vermeer est souvent en bout de chaîne, il recueille les idées des autres et les métamorphose, les magnifie. De cette confrontation, l’auteur de La Jeune Fille à la perle sort largement vainqueur. Mort ruiné à 43 ans, Vermeer travaillait lentement : deux à trois tableaux par an et sans doute pas plus de 50 œuvres au total (dont 32 nous sont parvenues). Un nombre particulièrement faible dans un pays où l’on a peint plus que dans tout autre dans l’histoire de l’art occidental : cinq millions d’oeuvres ont été produites durant le 17e siècle dans les Provinces-Unies.

L’exposition Vermeer se tiendra du 22 février au 22 mai, et s’inscrit dans une saison du Louvre dédiée au Siècle d’or hollandais, avec une sélection de la collection Leiden réunie par Thomas Kaplan et qui compte onze Rembrandt.

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