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Alice Antheaume

Pas de Quid en 2008. La version imprimée de l’encyclopédie dont le slogan clamait, depuis 1962, «tout sur tout... tout de suite» ne sera pas publiée l’année prochaine. «Notre éditeur Robert Laffont a rompu notre contrat sans préavis ni explication», regrette Fabrice Frémy, directeur général de Quid, joint par 20minutes.fr. Entre Quid et Robert Laffont, partenaires depuis 32 ans, le divorce est désormais consommé et l’affaire portée devant le tribunal pour non respect des trois ans de préavis que, selon le Quid, leur contrat prévoyait.

Françoise Rosenthal, directrice de collection chez Robert Laffont, justifie la décision par «la baisse des ventes, divisées par trois en sept ans.» En 2007, le Quid a été vendu à moins de 200.000 exemplaires.
 
«Nous sommes obligés de faire une pause en 2008», reprend Fabrice Frémy. Une pause mais pas plus, espère-t-il, en attendant de trouver une nouvelle maison d’édition pour l’édition 2009. «Plusieurs éditeurs sont intéressés par le Quid, d’autant que nous avions d’autres projets dans nos cartons (Quids thématiques, atlas du monde, etc.), mais je ne peux pas vous dire leurs noms car nous sommes en pleine discussion.»
 
Quid vs Wikipédia


Face à la révolution orchestrée en ligne par Wikipédia, les encyclopédies imprimées ne résistent pas. De Quid, il ne reste pour l’instant que le site Internet, quid.fr, qui recense des articles en accès gratuit et mis en ligne par la dizaine de personnes qui subsistent (la société a déjà perdu près de 90% de son chiffre d'affaires et licencié la quasi-totalité de son personnel, selon Challenges). «Wikipédia a donné un élan formidable au web mais ne peut pas garantir ses informations, qui sont souvent parcellaires et aléatoires», estime Fabrice Frémy.

Une faille qu’il entend bien combler. Ce fils des fondateurs de Quid a décidé de lancer, début 2008, sur quid.fr, une «zone contributive» où les contributeurs seront non pas de simples anonymes comme sur Wikipédia mais des «spécialistes». «Depuis plus de 40 ans, nous travaillons avec un large réseau d’experts, explique Fabrice Frémy. Entre 10 et 12.000 spécialistes collaborent à chaque édition du Quid. Alors nous allons leur ouvrir des comptes en ligne pour qu’ils puissent écrire leurs infos». Un contre Wikipédia? «On ne peut pas rivaliser avec la plate-forme technique de Wikipédia, qui est formidablement bien faite, reconnaît Fabrice Frémy. Mais notre projet peut faire mieux sur la maîtrise du fond. Nous voulons éviter les errements de Wikipédia en misant sur la qualité du recrutement des contributeurs. Un internaute doit savoir clairement qui a écrit tel ou tel article.»