AventPop #9: Et si le meilleur film de 2016 était «Batman V Superman»?

RETROSPECTIVE Jusqu’à Noël, « 20 Minutes » vous propose de (re)découvrir chaque jour l’un des petits ou grands phénomènes de la culture pop qui ont marqué l’année écoulée…

Vincent Julé

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Ben Affleck et Henry Cavill dans Batman v Superman: L'aube de la justice de Zack Snyder

Ben Affleck et Henry Cavill dans Batman v Superman: L'aube de la justice de Zack Snyder — Warner France

Amusants, stupéfiants, émouvants, insolites ou impressionnants… Les événements et anecdotes ont été nombreux en 2016, côté pop culture. Jusqu’à Noël, 20 Minutes vous propose sa sélection de coups de cœur et de clins d’œil glanés ces derniers mois. Un florilège subjectif qui vous rappellera peut-être aussi de bons souvenirs…

23 mars 2016. C’est l’histoire d’une incompréhension, d’une injustice pour faire écho au sous-titre du film « L’Aube de la justice ». Lorsque Batman V Supermansort en salle fin mars, il réalise le rêve de tous les fanboys : le choc des deux plus célèbres super-héros. Du moins en théorie, et en promo. Car le réalisateur Zack Snyder et le studio Warner ont deux projets différents en tête, presque inconciliables. Le premier veut donner une suite à Man of Steel et ainsi continuer sa fresque mythologique, tandis que le second compte bien rattraper son retard sur Marvel et précipiter la formation de son équivalent des Avengers : la Justice League. D’où l’impression parfois de regarder une gigantesque bande-annonce.

Heureusement, le Director’s Cut [la version du film dont le montage a obtenu l’assentiment du réalisateur] et son montage de 3 heures (!) sortis depuis en DVD/Blu-ray rendent le film plus fluide, plus clair, plus épique aussi, et réaffirment les véritables intentions de Zack Snyder. Le combat du siècle ne se fera pas aux poings, mais aux idées. Deux idées de la justice. Plus sombre que le Dark Knight de Christopher Nolan, Batman n’arrête pas les bad guys, il les punit, les marque au fer rouge. Une justice expéditive, illusoire mais qu’il croit nécessaire. Superman, lui, est un Dieu parmi les vivants, jamais vraiment Clark Kent, plutôt l’incarnation d’un absolu, et en vérité d’un impossible. Il le sait, mais il essaie.

Perdus, incompris mais aussi manipulés, ils finiront par se trouver, plutôt que s’affronter. Là se joue la Justice League, plutôt que dans l’apparition en guest star de Wonder Woman ou dans la présentation YouTube de Flash, Cyborg et Aquaman. Alors, Batman V Superman, plus mauvais film de l’année ? L’un des plus risqués, l’un des plus beaux, l’un des meilleurs en réalité. Meilleur que la guerre civile et stérile de Captain America ou que l’apocalypse esthétique des X-Men.

Et après ? Avec près de 900 millions de dollars de recettes mondiales, Batman V Superman est le sixième succès de l’année, mais reste considéré comme un échec par Warner car il n’a pas franchi le milliard. Le bad buzz a été tel que le studio, pris de panique, a revu toute sa politique sur les futures productions DC. Et il suffit de voir ce qu’est devenu Suicide Squad, passé de film sombre d’anti-héros à film pop de sales gosses, pour craindre le pire fin 2017 pour Justice League, toujours réalisé par Zack Snyder.

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