Kev Adams et Gad Elmaleh réunis dans le spectacle «Tout est possible»
Kev Adams et Gad Elmaleh réunis dans le spectacle «Tout est possible» - Arie ELMALEH

Chevalier et Laspalès, Eric et Ramzy, Elie et Dieudonné… et maintenant Kev et Gad. Poids lourds de l’humour français, ces deux-là n’ont a priori pas besoin de monter ensemble sur scène pour remplir les salles. Et pourtant, ils se sont lancés il y a un an dans un marathon à travers la France, qui se termine par huit dates à l’AccorHotels Arena de Paris à partir de mercredi et par une retransmission en direct sur M6 jeudi à 21h.

>> «Tout est possible»: Kev Adams et Gad Elmaleh font spectacle commun

Un choc de génération, un show son et lumière

En interview comme sur scène, Kev Adams et Gad Elmaleh le répètent, leur spectacle Tout est possible est né d’une rencontre, d’une amitié, d’une évidence. Ils avaient envie de passer du temps ensemble, de faire des blagues, alors pourquoi pas devant des millions de fans. L’idée, pas du tout cachée, est aussi de faire se rencontrer leurs publics, de jouer le clash des générations.. « Je suis ému », lance d’emblée Kev. « C’est normal, répond Gad, il n’a jamais vu d’autant adultes. » Ah ah ?

Une chose est sûre, vingt ans de carrière ou vingt ans d’écart, les deux ont une vraie complicité, source de moments d’improvisation et de freestyle, les meilleurs. Comme le révèle un documentaire qui sera diffusé sur M6 après le spectacle jeudi, ils ont passé une bonne partie de leur tournée à monter sur scène, à tester des vannes, des relances, dans le pur esprit du stand-up. Le résultat final est plus cadré, très mis en scène, et devient un show son et lumière, histoire que le public en ait plein les yeux. Mais pas forcément qu’il rie plus.

>> A lire aussi : Gad Elmaleh donne des cours de français sur un plateau de télé américain

Le sketch du chinois

Construit entièrement sur la confrontation, le spectacle s’amuse de leur différence d’âge, de leur relation maître et élève, de leur inégalité face aux nouvelles technologies, etc. L’occasion de joutes verbales, de parodies et de références culturelles (Shrek, La Reine des neiges, Jesus et Moïse, « Je rêve d’une banque »…), qui tendent vers un humour familial, un peu impersonnel et finalement très télévisuel. Puis vient le sketch du chinois.

Déguisé en chinois donc, Kev fait, avec l’accent, un jeu de mots sur « La Reine des Nems ». La blague est nulle, mais ils mettent tellement le paquet (décor grandiose, défilé de geishas), que cela force presque le respect. Puis Gad débarque grimé en vieux maître, la perruque grisonnante, et lâche : « Je suis en train de niquer 20 ans de carrière là, même la perruque n’y croit pas. » On se dit qu’ils tiennent peut-être quelque chose, une mise en abyme, surtout lorsque Gad estime que tout ça est limite raciste (à peine). Mais Kev enchaîne un festival de jeux de mots paresseux sur sushi, saké, etc. La salle rigole (c’est le sketch préféré de beaucoup de spectateurs), et puis c’est fini. C’est tout ?

>> A lire aussi : Gad Elmaleh, premier invité de la version française du «Saturday Night Live» sur M6

Ni pire et surtout pas meilleur

Si tout est possible avec Kev et Gad, les deux humoristes ne se mettent pas beaucoup en danger et proposent ni plus ni moins, ni pire et surtout pas meilleur, que le tout-venant des comiques français. On en est donc en droit de leur préférer, dans des styles différents, des Baptiste Lecaplain, Kyan Khojandi, Jérémy Ferrari, Blanche Gardin, Vincent Dedienne… la liste est assez longue. Seule vraie fulgurance, ce moment où ils décident de lire leurs éloges funèbres respectifs, la salle plongée dans l’obscurité. Ils touchent alors quelque chose du doigt. Un peu d’émotion, et un rire plus sincère.

Mots-clés :