« Je trouve ça admirable, cette façon qu’ont certaines personnes de continuer à voir la beauté dans leurs relations d’amour terminées, parce que moi, mes ex, je leur chie dessus ». Dans 30 ans (10 ans de thérapie) : Journal d’une éternelle insatisfaite (éd. Mazarine), qui sort ce mercredi, Nora Hamzawi se lâche.

Dans cette compil de ses meilleurs textes, entre le journal intime et le best-of, la chroniqueuse et humoriste s’interroge sur des sujets divers et variés, son psy, son syndrome prémenstruel ou son ennemie imaginaire, avec toute la délicatesse, l’humour et le sens de la formule qu’on lui connaît. Mais quel est intérêt si l’on a déjà vu son spectacle, qu’on l’écoute déjà sur France Inter ou qu’on la lit dans Grazia ? Tout simplement parce que ça fait un bien fou.

Nora Hamzawi parle de vrais trucs

Dans 30 ans (10 ans de thérapie), Nora Hamzawi parle de la vie, la vraie. Pas celle que l’on s’invente sur Instagram (même si elle aussi reconnaît refaire « 17 fois une photo avant de la poster », tel qu’elle l’a confié à 20 Minutes), mais celle où on écoute Creep de Radiohead en chialant pour « s’autodramer », celle où notre PMS (comprendre « syndrome prémenstruel ») nous fait « souffrir comme une truie », ou encore celle où on vit un enfer avec un sanibroyeur, « croisement entre un chiotte et un mixeur ».

Bref, ça parle transit, drames personnels et frange qui frise (liste non exhaustive), et ça donne carrément envie de compter Nora Hamzawi parmi son gang de copines. « Il y a vraiment un truc qui tient de l’empathie à raconter ses merdes, ça crée de la proximité », explique la trentenaire à 20 Minutes. « On a tendance à penser qu’on est unique, alors qu’on souffre tous plus ou moins des mêmes angoisses ».

Comme l’angoisse de « la vie adulte », qui n’a finalement rien à voir avec le fantasme que l’on s’en faisait à l’âge des appareils dentaires et de « l’eau précieuse ». « Je crois que j’ai compris qu’en fait on ne change pas, analyse l’auteure, j’ai l’impression que j’ai passé plus de temps à me projeter qu’à vivre le moment présent. Comme si le meilleur était toujours pour plus tard ».

Ça rassure un max (oui, « un max »)

Une trentenaire un peu larguée parfois, mais qui assume pleinement. « J’aimerais être cette fille qui est ravie de s’asseoir par terre à un pique-nique ou au bord du canal sans se demander où elle va uriner, j’aimerais pouvoir sortir sans penser à l’angoisse du retour, j’aimerais tout ça, sauf qu’il y a toujours ce moment qui vient me rappeler que je ne suis pas cette fille », écrit-elle.

Et on lui préfère justement celle qui n’est pas toujours dans le coup, souvent paumée, mais bien plus cool. Et rire des galères de Nora Hamzawi, ça fait franchement du bien. C’est rire des petits drames de notre propre quotidien, une sorte d’auto-foutage de gueule assez jouissif. Vous ne maîtrisez pas l’art du selfie, vous vous promettez chaque dimanche soir d’arrêter le McDo et multipliez les terreurs nocturnes à surfer sur Doctissimo. com ? Vous n’êtes plus seule.