Après Orsay, le musée Guimet évacué après une performance de Deborah de Robertis

NUE ET CULOTTEE Connue pour avoir exhibé son sexe devant « L’Origine du monde » de Courbet, l’artiste luxembourgeoise vient de récidiver au musée Guimet…

Jean-Jacques Valette

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L'artiste Déborah de Robertis a mené une nouvelle performance choc au Musée Guimet, le 4 septembre 2016.

L'artiste Déborah de Robertis a mené une nouvelle performance choc au Musée Guimet, le 4 septembre 2016. — Déborah de Robertis

C’est la fin d’après-midi au musée national des arts asiatiques. La foule est venue nombreuse en ce dimanche pour le dernier jour de l’exposition Araki. Un photographe japonais mondialement connu pour ses portraits de femmes ligotées selon les règles ancestrales du Kinbaku.

Soudain, un râle de plaisir brise le silence feutré du musée. Une femme s’est assise devant un mur de photographies. Nue, vêtue d’un seul kimono transparent. Elle laisse entrevoir entre ses cuisses écartées une pastèque qu’elle dévore goulûment en en faisant couler le jus sur sa poitrine. Sur son front, une caméra GoPro fixe le public médusé.

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Un hommage à une photographie de Nobuyoshi Araki

Un ange passe… et soudain les applaudissements s’élèvent, attirant d’autres visiteurs. Au grand dam des agents de sécurité qui affluent pour stopper cette performance imprévue.

Son nom est Deborah de Robertis. Connue pour avoir exposé son intimité devant L’Origine du monde et L’Olympia au musée d’Orsay, l’artiste luxembourgeoise vient de récidiver dans un hommage à la photographie «  Paysages avec couleurs, 1991 » du maître japonais.

Les flashs crépitent et de nouvelles ovations s’élèvent parmi la foule. Tout ce petit monde se fait néanmoins refouler au bout de quelques minutes tandis qu’on annonce la fermeture du musée, un quart d’heure en avance sur l’horaire officiel. Deborah se fait, elle, embarquer par la police.

« C’était une performance ? »

Les visiteurs s’ébrouent dans la dernière salle de l’exposition, entre les diaporamas de geishas nues et les photographies géantes bariolées de peinture. Sans comprendre réellement ce qui vient de se passer : « C’était une performance ? J’ai cru que c’était organisé par le musée », confie Lola qui a été témoin de la scène. « C’est dommage qu’ils aient interrompu, c’était vraiment tout à fait dans l’esprit de l’exposition ».

« J’ai trouvé ça super fort, vraiment bien pensé », commente Luca, un touriste Italien. « C’était très sexuel sa façon de manger le fruit. J’aimerais voir d’aussi belles performances plus souvent dans les musées », ajoute sa femme Tiziana.

Un avis que ne partage pas Hélène, une retraitée habituée du musée. « Elle cherche à se faire repérer pour se lancer dans le porno, ou quoi ? Moi je n’appelle pas ça une artiste ! »

L’artiste interroge dans ses performances notre rapport à la nudité

Ce que Deborah revendique pourtant. L’artiste interroge dans ses performances notre rapport à la nudité. Un sujet tiraillé entre sa glorification par la publicité et l’art et son déni dans le monde réel. Deux univers qui se sont percutés durant les quelques minutes de sa performance au musée Guimet. 

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