Affaire du Sofitel: DSK obtient la condamnation de l’auteur de «La Ballade de Rikers Island»

PROCES Dominique Strass-Kahn a obtenu ce jeudi la condamnation en diffamation de Régis Jauffret pour son roman « La Ballade de Rikers Island », inspiré de l’affaire Sofitel…

A. Che. avec AFP.

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L'écrivain Régis Jauffret, devant les Editions du Seuil à Paris, le 9 janvier 2012.

L'écrivain Régis Jauffret, devant les Editions du Seuil à Paris, le 9 janvier 2012. — AFP

Pendant plus de 400 pages, le président d’une institution financière internationale, toujours désigné par «Il» est accusé de viol par une femme de chambre, Nafissatou Diallo.

Pour son roman La Ballade de Rikers Island sorti en 2014, Régis Jauffret a été condamné ce jeudi pour diffamation par le tribunal correctionnel de Paris. Il écope d’une amende de 1.500 euros avec sursis, ainsi qu'à 10.000 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral. La justice a aussi interdit toute nouvelle édition du roman comportant les passages jugés diffamatoires.

Un livre inspiré de l'affaire Sofitel 

Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du Fonds monétaire international (FMI), avait saisi la justice à la sortie du livre, inspiré de l’affaire Sofitel. Nafissatou Diallo, femme de chambre dans cette chaîne d'hôtel à New-York, avait porté plainte contre l’ancien ministre pour viol, en mai 2011.

Après plus de deux ans de procédure, l’affaire s’était soldée par une transaction financière, dont le montant est resté confidentiel. Mais, selon le plaignant, le livre contredisait la procédure américaine, qui a abandonné toute poursuite contre lui. Henri Leclerc, avocat de DSK, avait dénoncé une « diffamation effroyable » lors de l’audience en mars. « Ce livre décrit un viol, à l'indicatif. Le lecteur croit lire enfin le récit de ce qui s'est passé dans la suite 2806 du Sofitel », avait-il affirmé.

Régis Jauffret plaide la « création littéraire »

Les avocats de Régis Jauffret et de la maison d’édition Seuil ont pour leur part plaidé la liberté totale de la « création littéraire », avec la liberté de « mentir, d’inventer ». Ils avançaient que DSK « ne s’appartient plus », « le monde entier a déjà commenté cette affaire ». Insuffisant pour convaincre le tribunal. Celui-ci a estimé que « s'abriter sous la qualification expresse de « roman » ne permettait pas d'« échapper à toute condamnation ».

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Ce n’est pas la première bataille judiciaire que DSK remporte contre des oeuvres culturelles. En 2012, il avait obtenu la condamnation des éditions Stock pour la publication du livre Belle et Bête, de Marcela Iacub, son ancienne maîtresse.

Stock avait versé une amende de 50 000 euros de dommages et intérêts. Chaque exemplaire du livre devait comporter un encart, mentionnant que le livre porte atteinte à la vie privée de l'ancien patron du FMI. Pour avoir publié des extraits, L'Obs avait aussi été condamné à 25.000 euros d'amende.