Bricoler en ville, c’est maintenant possible

BIDOUILLE Envie de passer vos week-ends à faire quelque chose de vos mains, les espaces de bricolage en libre-service sont là pour vous...

Aude Massiot

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En ville, vivre en appartement n'est pas une fatalité. Les bricoleurs peuvent trouver leur bonheur.

En ville, vivre en appartement n'est pas une fatalité. Les bricoleurs peuvent trouver leur bonheur. — Letablisienne

Avis aux bricoleurs du dimanche qui, coincés dans leur 30m², rêvent de se fabriquer une nouvelle table de chevet, sur leur temps libre. Alors que le mouvement des makers et des fab lab prend de l’ampleur et qu’il devient à portée de tous de construire son prototype de robot par imprimante 3D. C’est toujours un casse-tête de trouver un lieu où, simplement, réparer une étagère cassée ou un sac troué. Et acheter perceuse et machine à coudre pour une utilisation annuelle, ça pèse lourd dans le budget.

Grâce aux 500 outils mis à disposition à Mon Atelier en ville, à Paris, couture, travail de vitraux, soudure à l'arc et réparation de vélos sont possibles.
Grâce aux 500 outils mis à disposition à Mon Atelier en ville, à Paris, couture, travail de vitraux, soudure à l'arc et réparation de vélos sont possibles. - A.MASSIOT/20MINUTES

Avec la folie créatrice provoquée par le phénomène du Do It Yourself (DIY), la demande pour des espaces de bricolage en libre-service s’est faite plus pressante. Plusieurs lieux se sont récemment mis sur le créneau. Plus besoin de présenter un projet sur le long terme, ici, les bricoleurs d’une après-midi sont les bienvenus.

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Carole frotte un morceau de bois sur une feuille géante de papier à poncer. Une fois bien uniformisé, elle l’emboîte dans son protège-lampe design. « Je fais ça pour le plaisir », déclare cette architecte d’intérieur à Mon atelier en ville. Situé rue de Cléry, dans le 2ème arrondissement à Paris, le lieu propose des espaces de bricolage à louer, et du matériel professionnel pour travailler à sa guise. Ouvert en juin 2014, Mon atelier en ville accueille aujourd’hui 8 à 20 personnes par jour.

Prôner l’autoformation

Laurence Souriceau est la première à avoir investi le concept. Il y a cinq ans, elle a ouvert, dans le 12e arrondissement à Paris, L’Etablisienne. 270 m² dédiés au travail du bois et du mobilier où l’on peut réserver son coin d’établi. « Je n’arrivais pas à trouver de formation manuelle à part en CAP, alors j’ai décidé de créer ce lieu pour mettre en commun les savoirs, et faciliter les échanges entre professionnels et particuliers », décrit la créatrice.

D’autres s’y sont mis par nécessité. La Recyclerie, ferme urbaine située dans une ancienne gare du 18ème arrondissement parisien fait partie de ceux-là. Son atelier Chez René met à disposition, de midi à 20 heures, son plan de travail et ses outils pour les bricoleurs en herbe, adhérents à l’association. Envie de percer un mur chez vous pour accrocher un tableau ? Les engins peuvent aussi être empruntés pendant 48 heures.

Encourager le partage de savoirs

D’ici 15 jours, c’est à Saint-Ouen (93) que devrait ouvrir un lieu similaire. L’atelier solidaire de Saint-Ouen termine les travaux de ses nouveaux locaux de 80 m². « On avait d’abord une activité de réparation de vélos. Puis avec la demande, on a décidé d’ouvrir des ateliers de bricolage, des cours de soudure et de fabrication de mobilier », raconte Xavier Remongin, le président de l’association. Leur objectif : attirer une population locale et l’intérêt des jeunes de la ville pour la bricole. En 1 an et demi, l’asso a réuni 150 adhérents.

 

L'atelier en cours d'amménagement

Une photo publiée par Atelier Solidaire Saint-Ouen (@atelier.solidaire.saint.ouen) le 7 Avril 2016 à 8h05 PDT

En plein essor, le secteur de la bidouille en libre-service pourrait bien se propager en dehors de la capitale. Sébastien Mathieu, un des fondateurs de Mon atelier en ville espère, dans les prochaines années, ouvrir une franchise pour s’installer dans d’autres grandes villes françaises.

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Reste que le modèle n’est pas applicable partout et n’importe comment. Leroy Merlin et Castorama ont tenté leur chance, mais ont vite fermé ces espaces dédiés aux particuliers. « Cela ne peut marcher que dans des zones urbaines de forte densité, analyse Sébastien Mathieu. Et il faut réussir à créer une identité accueillante et de proximité. »

Pour cela, il propose, avec son associé Baudoin de Metz, un accompagnement personnalisé aux visiteurs qui le souhaitent. Un moyen pour les débutants de surpasser leur peur de se couper un doigt. « Nous avons aussi voulu intégrer une dimension sociale à notre activité », décrit Sébastien. Ainsi une grande partie des matières premières, du bois au cuir, sont fournis gratuitement, grâce à différents partenariats privés.

A vous perceuse, ponceuse et scie sauteuse, il est temps de s’y mettre à cette table de chevet.

 

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