Le musée de l'érotisme retrace l'histoire des maisons closes de Pigalle.
Le musée de l'érotisme retrace l'histoire des maisons closes de Pigalle. - Benaroch/SIPA

A quoi ressemblera Paris dans 20 ans ? Impossible de le dire. Des quartiers auront probablement changé du tout au tout, d’autres disparus, tandis que certains seront restés exactement les mêmes. 20 Minutes vous propose 5 lieux emblématiques à visiter avant que le temps ne fasse son oeuvre.

Le quartier du Sentier​ : du textile au coworking

Souvent considéré comme le dernier quartier populaire du centre de Paris, popularisé par le film La vérité si je mens, le Sentier est pleine mutation. « Depuis trois ans, le mouvement s’est accéléré, les start-up et les médias créatifs ont peu à peu investi le quartier », raconte Edward Mayor, habitant historique du Sentier.

Les magasins d’import-export de tissus et les ateliers de confection qui ont fait sa renommée se sont aujourd’hui repliés sur le triangle rue du Caire, rue d’Aboukir et rue Saint-Denis.

Délégué général du Social Media Club, implanté depuis plusieurs années dans le Sentier, Pierre-Olivier conseille : « Si vous voulez découvrir le Sentier pittoresque, il faut y aller à 7 heures du matin. L’heure ou les camions livrent les rouleaux de tissus et où ça discute des prix dans les rues. »

N’oubliez pas non plus d’emprunter les passages secrets et de pousser les portes des immeubles pour apercevoir les ateliers de confection, encore nombreux dans le quartier.

Pigalle et ses cabarets disparus

Pigalle s’est assagi. Autrefois quartier sulfureux de la capitale, ses sex-shops ont peu à peu tiré le rideau. S’il reste encore quelques devantures du vice, le quartier est désormais plus connu pour ses bars à cocktails et ses restaurants mono-produits.

« Quand j’étais jeune, j’habitais à Saint-Ouen. On n’avait pas le droit d’aller plus loin que la place de Clichy. Pigalle avait vraiment une réputation sulfureuse », se rappelle Pierre Lepetit, greeter au sein de l’association Parisien d’un jour.

Pour se plonger dans les vestiges de Pigalle, ce bénévole passionné conseille de se perdre dans les petites rues qui descendent dans le 9e arrondissement… et de faire marcher son imagination !

Le vieux Goussainville, plus très loin de la réhabilitation

Pour ceux qui veulent vivre une expérience à la Walking Dead ou tout simplement découvrir un village abandonné par l’histoire, dépêchez-vous. Le vieux Goussainville est l’objet de convoitises et ses ruines seront peut-être bientôt du passé. Appelé également le « Vieux Pays », ce village s’est figé dans le temps en 1974 en raison d’un encombrant voisin : l’aéroport Paris Charles de Gaulle.

A l‘époque, Aéroport de Paris rachète à tour de bras les maisons du village, situé à quelques centaines de mètres d’une des pistes d'atterrissage. Depuis, le village a acquis la renommée de village fantôme et les photographes s’y bousculent pour immortaliser ses bâtiments en ruines.

La rue principale du Vieux-Goussainville.
La rue principale du Vieux-Goussainville. - ENA/SIPA

En décembre dernier, le concours d’architectes Europan a distingué trois projets de réhabilitation de la zone. Si aucun chantier n’est à l’ordre du jour, à la mairie, on assure que le « maire a à cœur de réhabiliter le vieux Goussainville ».

L'Hôpital Saint-Vincent-de-Paul : de la maternité à l'éco-quartier

C’est l’une des maternités historiques de Paris. Situé avenue Denfert-Rochereau, l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul n’est plus en service depuis 2011. D’ici quelques années, le site doit accueillir un vaste éco quartier.

L'hôpital Saint-Vincent de Paul doit laisser la place à un éco-quartier.
L'hôpital Saint-Vincent de Paul doit laisser la place à un éco-quartier. - Chauveau/SIPA

En attendant que les travaux commencent, à l’automne 2017, trois associations (Aurore, Yes We Camp et Plateau Urbain) organisent une foule d’événements collaboratifs et solidaires

« L’idée c’est de redonner aux gens un lieu abandonné. Tout le monde peut trouver sa place. Si vous venez prendre un café sur le site, vous financez aussi les événements », explique Elena Manente de Yes We Camp.

Pour ceux qui veulent découvrir la bâtisse (dont une partie date du XVIIe siècle), rendez-vous tous les dimanches à 15 heures pour une visite guidée.

>>> A lire également : Paris: «Les Grands Voisins», un village dans la ville où coexistent startupers, artisans et migrants

Le marché Dejean résiste à la gentrification

Le marché étend aujourd’hui ses étals le long de la rue Dejean, au coeur du quartier africain de Paris. Pourtant, ses rues bondées et ses commerces exotiques pourraient bien disparaître.

Dans le cadre de la rénovation de la station de métro Château Rouge, les commerçants ont été sommés de rentrer leurs étals pendant… deux ans. La mairie du 18e arrondissement a également dans ses cartons un projet controversé de construction d’un grand marché qui regrouperait tous les commerces porte d’Aubervilliers. Objectif affiché : désengorger la rue Dejean. Certains y voient d’ores et déjà l’arrêt de mort du quartier tel qu'il est aujourd'hui.

Pierre Lepetit organise chaque mois des visites de la Goutte d’Or : « Le marché Dejean c’est vraiment à voir. Il y a plein de choses : des fruits, des poissonniers, des produits venus d’Afrique. Si vous leur demandez, les poissonniers vous donnent même leurs recettes. C’est un quartier authentique et c’est rare à Paris », explique-t-il. Profitez donc de votre prochaine virée à Paris pour déambuler dans les rues Dejean, Myrha, Poulet et Poissonniers. 

 

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