Image de la série Vinyl de HBO
Image de la série Vinyl de HBO - HBO
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Tube planétaire transgénérationnel ou hit surestimé puis peu à peu oublié ? Vinyl, nouvelle série HBO, diffusée en France sur OCS le lundi soir, a été imaginée par Mick Jagger. Le chanteur des Rolling Stones rêvait d’un film ayant pour décor New York 1973 qui raconterait l’effervescence musicale d’une ville encore sale et interlope. Emballé par le projet, Martin Scorsese a cherché pendant des années à financer le film avant de renoncer.

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Le duo devra finalement attendre quinze ans avant de voir leur idée se concrétiser, sous forme de série. Le premier épisode, ou pilote, de Vinyl a été réalisé par Martin Scorsese lui-même. D’une durée exceptionnelle de près de deux heures, il s’agit d’une plongée dans le business de la musique à New York en 1973 vu à travers les yeux de Richie Finestra, dont la maison de disques qu’il a créée périclite.

La BO rêvée

Visuellement superbe, Vinyl peut bien sûr compter sur une merveilleuse bande-son concoctée par Scorsese et Jagger. La plupart des spécialistes estime que 1973 fut l’année la plus excitante pour la musique pop depuis l’installation de Mozart à Vienne, deux siècles plus tôt. Autour de cette date, plusieurs genres musicaux arrivent à maturité et se mêlent dans une ambiance décadente et cosmopolite. Funk, punk, blues, disco, rock’n’roll, hard rock… La bande son de Vinyl embrasse goulûment toutes ces musiques.

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Le personnage central, voire omnipotent, de Vinyl est un homme tiraillé entre sa passion pour la musique et l’envie d’une vie plus calme, avec sa famille, installée dans le Connecticut voisin. En plus du rock’n’roll, le sexe et les drogues pimentent ce premier épisode ainsi qu’une bonne dose d’humour.

Scorsese a déjà essayé

En attendant la mafia, qui pointera son nez dans les épisodes à venir, tous les ingrédients chers à Scorsese sont là : violence, famille, rédemption… Vendu par HBO comme un film de Scorsese à part entière, le pilote de Vinyl en a en effet les standards de qualité.

Il y aura pourtant plusieurs écueils sur le chemin de Vinyl avant que celle-ci puisse s’asseoir aux côtés de Soprano, Breaking Bad ou The Wire sur l’Olympe des grandes séries. Le premier d’entre eux est le temps.

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Martin Scorsese a déjà réalisé le pilote et produit une série. Il s’agissait de Boardwalk Empire, se déroulant dans le Chicago de la prohibition, dont la première saison fut passionnante. Mais dès la seconde, la série a perdu de son tonus avant de devenir une jolie coquille vide. Bons interprètes, décor et costumes sublimes, jolie réalisation… Mais intrigue sans intérêt.

Gare au scénar’

Vinyl a de nombreux points communs avec Boardwalk Empire. HBO n’a pas lésiné et sa série musicale d’époque est très esthétique. Les deux séries partagent également le même scénariste, Terrence Winter, auteur des scènes cultes du Loup de Wall Street, de Martin Scorsese. On réalise alors que Terrence Winter a des marottes et qu’il sait très bien écrire les scènes pseudo-banales en réalité hilarantes et insolites. On sait aussi qu’il épuise vite ses intrigues.

Autre défaut en puissance de Vinyl : ses personnages. Le pilote est concentré sur Richie Finestra, superbe héros Scorsesien interprété par Bobby Cannavale. Derrière lui, les personnages secondaires semblent fades. Surtout sa femme, interprétée par Olivia Wilde. Vinyl devra songer à développer ses personnages que ce soit les acolytes de Finestra, clowns amusants, ou ses artistes.

EP ou 33 tours ?

Après Robert Plant, de Led Zeppelin, dans le pilote, Vinyl devrait croiser de nombreuses stars de la musique de l’époque. David Bowie était à New York ces années-là. Tout comme le Velvet Undergroung et Andy Warhol.

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Game of Thrones, succès étalon de HBO ces dernières années, a réussi à intéresser un public plus large que celui de la fantasy en ménageant ses effets fantastiques lors des premières saisons. Vinyl au contraire nous jette immédiatement dans le grand bain musical. Les listes de noms, les références, le jeu de juke-box permanent, enthousiasmant et brillant pour certains, pourraient en intimider d’autres.

Etant donné son prix, plusieurs millions par épisodes, Vinyl ne pourra se contenter d’être une série acclamée par la critique. Elle doit tout dévaster sur son passage.

 

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