Christine & the Queens en concert à Cannes en novembre 2015
Christine & the Queens en concert à Cannes en novembre 2015 - David Niviere/NMA2016/SIPA

Grande gagnante des Victoires de la Musique françaises l’an dernier, Christine & the Queens est depuis partie à la conquête d’un public plus international. En début d’année, elle a été récompensée d’un European Border Breakers Award (EBBA), lors du festival Eurosonic de Groningen, prix récompensant les artistes européens réalisant les meilleures ventes en dehors de leur frontière. 2016 devrait être pour elle l’année de la conquête des Etats-Unis. Du moins fait-elle tout pour cela.

Pour l’instant, très peu d’artistes français ont réussi à percer sur le marché américain. On cite encore et toujours Phoenix et Daft Punk qui, pour des raisons différentes, ont connu l’essentiel de leur succès hors de France. Christine & the Queens espère devenir la première artiste française non-versaillaise à décrocher un Grammy dans une catégorie pop.

Susciter la curiosité

En 2015, leurs talents ont permis à Christine & the Queens et Stromae d’apparaître dans différents shows télés américains pour des live ou des interviews. Le talent et un gros travail de la maison de disques dans le cas de Stromae, qui a pu compter sur le soutien d’Universal, maison de disques mondialisée. Contrairement à Christine & the Queens, le chanteur belge a également donné de nombreux concerts aux Etats-Unis. Même si les salles étaient largement remplies par les expatriés francophones de New York ou Los Angeles, cette tournée lui a permis de se faire remarquer.

Mais alors que Stromae a, depuis la fin de sa tournée marathon harassante, cessé toute activité de promotion, Christine cherche à transformer l’essai et a enregistré une version américaine, avec des chansons en anglais, de son premier album. En leur temps, les Beatles eux-mêmes réservaient une version spéciale de leurs premiers albums au marché américain.

English Spoken

« Quand on fait une musique pop ou dance internationale, une promotion agressive ou la puissance d’un tube peut permettre à un artiste de faire la différence. Quand on est un artiste atypique, ou très marqué culturellement, par exemple quand on ne chante pas en anglais, c’est plus compliqué », estime Peter Smidt, directeur des EBBA. D’après lui, la stratégie de Christine & the Queens, qui passe beaucoup de temps à s’imprégner de la culture musicale américaine et à essayer de décrypter les rouages de son show-business, est la bonne.

Le palmarès 2016 des EBBA le montre, la langue est le principal obstacle à l’export. Christine & the Queens était, avec l’Espagnol Alvaro Soler, la seule artiste à ne pas chanter (uniquement) en anglais. Si ses textes en français ont sans doute séduit certains auditeurs curieux aux Etats-Unis, le plus large public a besoin de comprendre ce qu’elle raconte.

Bosser l’exclusif

Apparue furtivement, et prétendument spontanément, sur la scène du dernier concert parisien de Madonna, Christine & the Queens a surtout parfaitement compris que pour percer aux Etats-Unis, il fallait beaucoup travailler ses concerts et apparitions télés. L’an dernier, les Victoires de la Musique ont vu deux prestations de grande qualité, celles de Stromae et Christine & the Queens. L’un et l’autre étaient venus avec une chorégraphie originale et spectaculaire. Eux seuls avaient pris la mesure de l’événement et su utiliser au mieux la technologie du mapping.

Quand Beyoncé chante aux Grammy Awards ou au Super Bowl, c’est un événement, un show hors du commun dont tout le monde parle le lendemain. Qui se souvient de la prestation de Vianney aux Victoires 2015 ? A nouveau nommé cette année, gageons que le jeune homme a préparé un passage sur scène qui tapera immanquablement dans l’œil de Stephen Colbert.

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