L'humoriste Nadia Roz.
L'humoriste Nadia Roz. - DR

Assister à un seul-en-scène, c’est parfois s’exposer à un moment de solitude. Cet instant gênant où vous comprenez que vous êtes ce spectateur que l’humoriste a choisi de prendre à partie durant tout le spectacle… Une position pas forcément confortable, subie un sourire crispé figé sur les lèvres. Nadia Roz est l’exception qui confirme la règle : quand elle vous invite à monter sur scène – comme ce fut le cas pour moi – afin de jouer le grille-pain (ou plutôt, la tranche de pain qui bondit de l’appareil), vous vous prêtez au jeu avec plaisir et, comme l’annonce le titre de son one-woman-show, « Ça fait du bien ». Car la comédienne est plutôt du genre bienveillant et préfère la spontanéité aux vannes trop calculées.

« Vous ne verrez jamais le même spectacle trois soirs de suite. Parfois, je demande aux gens du public pourquoi ils sont là, quel est leur métier… C’est la récré, j’adore ça ! Mais même les soirs où l’ambiance ne se prête pas à l’improvisation, il y a une base qui se tient », raconte Nadia Roz. Et la base, c’est une galerie de personnages allant de la caillera de Pôle emploi à la Blanche-Neige sous substances illicites.

Ses sketches ne résistent à aucun carcan et tirent sans se faire prier vers l’humour absurde ou la folie douce. « Je pars d’une anecdote qui m’amuse et j’imagine des personnages – ma cousine, ma tante… – dans ces situations, je travaille dans ce sens-là. J’écris beaucoup en amont, puis sur le plateau, en improvisation lors des répétitions. Mon écriture est aussi physique : je travaille avec le corps, c’est l’influence de ma formation en Commedia dell’arte. »

« Avec la crise, il est aussi risqué de vouloir être secrétaire que comédienne »

Nadia Roz a débuté le théâtre à l’âge de 8 ans. « Ma mère m’avait inscrite à un cours pour me canaliser. C’étaient des émotions très fortes, je me suis tout de suite sentie à ma place », confie-t-elle. Mais après avoir monté des spectacles dans une troupe avec des copains pendant plusieurs années, à 20 ans, elle met son amour du théâtre en veilleuse. « Je me suis consacrée à mon autre passion : payer mon loyer », rigole-t-elle.

Le secrétariat ne l’a guère amusée. « J’étais malheureuse, je m’ennuyais. Alors, je me suis donné un an pour essayer de percer dans la comédie. » Elle recontacte la prof de théâtre de son enfance, devenue « une grande metteuse en scène de Commedia dell’arte » et lui demande son aide. Ensemble, elles conçoivent un one-woman-show que Nadia Roz teste sur des scènes ouvertes. La prise de risque a payé : « J’ai tout de suite travaillé et gagné ma vie. C’est allé super vite. Au final, avec la crise, il est presque aussi risqué de vouloir être secrétaire que comédienne. »

C’était en 2008 et, depuis, Nadia Roz construit sa carrière pas à pas, imposant son visage parmi un vivier de femmes humoristes, telles que Christine Berrou ou Bérangère Krief… « Ce sont des copines, on a commencé en même temps et traversé les mêmes choses. On s’est encouragées. On a la réputation de se crêper le chignon dans le one-woman-show alors qu’on est plus sympas que les mecs comiques entre eux. Beaucoup jouent à celui qui pisse le plus loin alors que nous… », suggère-t-elle, laissant la phrase en suspens dans un éclat de rire.

Celle qui a donné son profil a Cléopâtre dans Péplum, refera parler d’elle très vite sur le petit écran. Fin janvier, elle a commencé le tournage de Commissariat Central, une série comique pour M6. Elle y jouera une agent de la Brigade anti-criminalité (BAC), en binôme avec Waly Dia. Tous deux formeront l'un des duo de ce programme court sur le modèle de Scènes de ménage.

On l’apercevra aussi bientôt en bébé dans un programme comique de la TNT. En attendant, il est possible de l’applaudir en live dans son Ça fait du bien, qu’elle joue du jeudi au samedi à l’Apollo Théâtre (Paris 11e) et en province (Chartres le 27 février, Champs-sur-Drac le 11 mars, Cannes le 20 avril…). Dans la capitale ou ailleurs, grille-pain ou non, les tranches de rire sont garanties.

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