Gaétan Roussel, Arnaud Samuel et Robin Feix du groupe Louise Attaque
Gaétan Roussel, Arnaud Samuel et Robin Feix du groupe Louise Attaque - Yann Orhan

Après plus de dix ans d’absence, Louise Attaque refait surface. Depuis A plus tard crocodile en 2005, leur troisième opus, les membres du groupe s’étaient mis en « stand-by » et avaient chacun vogué vers d’autres aventures. Ce vendredi signe donc leur grand retour, avec la sortie d’un 4e album intitulé Anomalie.

Du Louise Attaque, du vrai, à la différence près qu’au lieu de quatre, ils ne sont plus que trois à partager la scène, Alexandre Margraff ayant quitté la piste. Sans batteur, que devient donc Louise ? Un projet incomplet et bancal ? Non, car le trio restant ne s’est pas laissé abattre.

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« C’était le moment »

Dix ans, ça commençait à faire long, et certains croyaient lire implicitement dans cette parenthèse, une séparation. Mais les revoilà. « Il était temps de répondre à la question "pause ou pas pause?" C’était le moment,» a expliqué le chanteur Gaétan Roussel à 20 Minutes. Mais lorsque cette éventualité s’est posée à eux à la suite d’une reformation du groupe pour Alcaline sur France 2 en janvier 2014, l’unanimité ne l’a pas remporté.

« Lors de ce processus de réflexion, on s’est rendu compte qu’on était plutôt trois à aller dans une même direction, et pas quatre », confie Arnaud Samuel, le violoniste. « Ça s’est fait comme ça, comme ça arrive dans pas mal d’histoires de groupe, ou de couple. Et ça a bien sûr été douloureux et triste ». Mais pas au point de baisser les bras.

Anomalie à trois têtes

« Anomalie, ça peut faire allusion aux accidents de parcours dans la vie. Se retrouver à trois, c’est une contrainte, un accident, mais aussi un nouveau point de départ », analyse-t-il. Pensé et conçu entre Paris, Berlin, Brighton et les Alpilles, ce 4e album accueille des nouveautés mélodiques - électro notamment, afin de combler le vide du batteur —, tout en gardant les éléments originels qui ont fait le succès de Louise Attaque : ritournelles, violon effréné et la voix si reconnaissable de Gaétan Roussel.

« On s’est poussé les uns les autres à ne pas reproduire la même chose qu’avant, même s’il reste nos propres identités et l’ADN du groupe. Mais on a essayé de faire en sorte de ne pas s’appuyer sur le passé », explique le violoniste. De ce quatrième album, se dégagent au final un sentiment d’urgence et une forte mélancolie. « Nous l’avons écrit en 2015, ça c’est sûr », admet Gaétan Roussel, faisant allusion aux événements tragiques.

Un petit tour et puis s’en vont ?

« Toutes les pages, un jour ou l’autre, se tournent », clame le chanteur dans Un peu de patience, « il fallait que je te le dise, je vais m’en aller doucement, faut qu’on arrête, on s’épuise, faut qu’on se sauve à présent », déclare-t-il dans Du grand banditisme.

Un dernier album avant de tirer sa révérence ? « Un jour ou l’autre, oui », plaisante-t-il en préservant le mystère. Mais visiblement pas maintenant. Car avec la sortie d’Anomalie, l’heure est aussi à la scène. A partir du 27 février, Louise Attaque part en tournée à travers la France et renoue avec le live qui lui est si cher. « A chaque construction d’album on s’imagine sur scène », explique Arnaud Samuel, « ça a toujours été notre but ». Et au vu du nombre de concerts déjà complets, les fans semblent avoir accepté illico leur invitation.

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