Alain Finkielkraut à Matignon, le 25 janvier 2016.
Alain Finkielkraut à Matignon, le 25 janvier 2016. - SIPA

Les grincements de dents ont résonné sous la coupole lors de son élection, il y a deux ans. Peut-être les entendra-t-on à nouveau ce jeudi lorsqu’Alain Finkielkraut sera reçu à l’Académie française.

Celui qui est qualifié par beaucoup de « néoréac », mais se voit comme un « héritier des Lumières », est enthousiaste à l’idée de rejoindre l’institution créée par Richelieu. « Face à une nouvelle élite arrogante et barbare, elle incarne, avec son respect des formes et son amour de la belle langue, la résistance de la civilisation », a-t-il déclaré lundi, au micro de France Inter.

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Son élection n’allait pas de soi. S’il a été désigné au premier tour par 16 voix sur 28, son nom avait été barré d’une croix, en signe de désaveu, sur huit bulletins. Le nouvel « Immortel », âgé de 66 ans, est une personnalité « clivante » et donne des coups autant qu’il en reçoit. D’un livre à l’autre, il s’en prend au multiculturalisme, à l’égalitarisme et à l’héritage de Mai-68.

« Attendu au tournant »

Le philosophe dédaigne ces critiques qu’il attribue à « la paresse de la pensée » et aux « collabos de la modernité ». Selon lui, l’accusation de « néoréac » lui colle à la peau parce qu’il critique « la culture de masse et l’effondrement de l’école républicaine ».

Ce jeudi, tradition oblige, Alain Finkielkraut, fera l’éloge de son prédécesseur à l’Académie française, le dramaturge Félicien Marceau, mort en 2012. Ce dernier, qui avait été reporter à Radio Bruxelles entre 1940 et 1942, avait été condamné par contumace à la Libération à quinze ans de prison pour collaboration.

« Félicien Marceau était un auteur très prolifique et admiré dans de nombreux cercles », avance Alain Finkielkraut, conscient qu’il sera « attendu au tournant ». « Un certain nombre de gens se frottent les mains, se lèchent les babines et se disent : "Un néoréac qui fait l’éloge d’un collabo, bien fait pour lui." » C’est à ce prix que l’on devient un Immortel.

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