Une partie du casting de «Straight Outta Compton».
Une partie du casting de «Straight Outta Compton». - Universal Pictures International France

Bryan Cranston, Matt Damon, Leonardo DiCaprio, Michael Fassbender et Eddie Redmayne en catégorie meilleur acteur. Cate Blanchett, Brie Larson, Jennifer Lawrence, Charlotte Rampling et Saoirse Ronan en catégorie meilleure actrice. Constat : leurs talents sont indéniables mais tous ces comédiens nommés aux prochains Oscars, bien que de nationalités diverses – américaine, irlandaise, britannique, australienne – sont tous blancs.

Sur Twitter, ce jeudi, la rédactrice en chef de Broadway Black s’est indignée de l’absence de potentiels lauréats noirs ou latinos en lançant le hashtag #OscarsSoWhite (« Des Oscars tellement blancs »). « Un numéro d’entrée de cinq minutes par le brillant Chris Rock [qui sera le maître de cérémonie] ne compensera pas 80 ans d’effacement des communautés marginalisées », a-t-elle écrit.

 

Le mot dièse a été repris par de nombreux internautes surpris par ce manque de diversité. Pourtant, les candidats potentiels ne manquaient pas. Le succès surprise du box-office américain cet été, Straight Outta Compton, qui raconte l’histoire du groupe de rap N.W.A. ne peut prétendre qu’à l’Oscar du meilleur scénario… dont les auteurs sont tous blancs. Michael B. Jordan, impressionnant dans Creed en successeur de Rocky Balboa, a été snobé alors qu’il aurait mérité sa nomination parmi les meilleurs acteurs. Idem pour Samuel L. Jackson personnage principal des 8 Salopards de Tarantino « oublié » contrairement à sa partenaire à l’écran Jennifer Jason Leigh, nommée parmi les seconds rôles féminins. Précision : en 2012, le Los Angeles Times révélait que 94 % des quelque 5.765 votants aux Oscars étaient des blancs et que leur âgé médian est de 62 ans.

« Carol » et « Star Wars VII » pouvaient espérer mieux

La liste des « ommissions » notables ne s’arrête pas là. Plusieurs observateurs s’étonnent que Carol, la romance lesbienne signée Todd Haynes, ne soit pas nommée en catégorie meilleur film. Ses deux actrices, Rooney Mara et Cate Blanchett, ainsi que le scénario adapté d’un roman de Patricia Highsmith, peuvent espérer décrocher une statuette mais le fait que le mélodrame, pourtant primé à Cannes et acclamé par la critique, ne figure pas parmi les huit prétendants à l’Oscar le plus convoité, en déçoit plus d’un. Notamment lorsque le passable The Big Short apparaît dans la shortlist.

Autres absences remarquées, celles de Steven Spielberg et Ridley Scott de la liste des meilleurs réalisateurs alors que leurs longs-métrages respectifs Le Pont des espions et Seul sur Mars briguent le trophée du meilleur film. Aaron Sorkin déjà oscarisé pour The Social Network en 2011 ne décrochera pas sa deuxième statuette cette année. Pourtant, le scénario de son Steve Jobs, réalisé par Danny Boyle, est un bijou et un modèle d’efficacité. Star Wars VII – Le Réveil de la Force et Sicario, eux, devront se contenter de nominations dans les catégories techniques (effets visuels, montage, montage son…). C'est déjà mieux que rien.

Mots-clés :