Michel Delpech lors d'un concert en 2012.
Michel Delpech lors d'un concert en 2012. - SADAKA EDMOND/SIPA

Michel Delpech a succombé samedi à un cancer. Comme l’a écrit Nagui sa « force est qu’il restera toujours avec nous ». Car le chanteur laisse derrière lui une longue liste de tubes, fredonnés de génération en génération. Retour sur quelques-unes de Ses chansons les plus populaires, riches en anecdotes…

  • 1965 - « Chez Laurette » n’amasse pas pépettes

« C’était bien, c’était chouette… » Chez Laurette est sans doute l’une des chansons les plus connues de Michel Delpech. Pourtant, à sa sortie, en 1965, le 45 tours ne fait pas frémir les ventes : l’époque est aux yé-yé sautillants, pas aux ballades nostalgiques. C’est grâce à la radio qui a largement diffusé la chanson que ce titre s’est fait une place dans les oreilles des Français et donc, dans leur juke-box mental. Le bistrot de Honfleur que fréquentait Delpech a l’adolescence est ainsi devenu familier de plusieurs générations de francophones…

  • 1970 – Michel Delpech n’a jamais mis les pieds sur l’île de Wight

« C’est comme un soleil, dans le gris du ciel »… Michel Delpech a célébré le fameux festival de l’île britannique dans Wight is Wight. Un jeu de mot en réponse à Black is Black. Or, le chanteur n’est jamais allé sur l’île de Wight. Le texte lui a été inspiré par la lecture d’un article paru dans L’Express au sujet de ces trois jours d’août d’anthologie qui, en 1969, ont vu Jimi Hendrix, Joan Baez ou encore The Who se succéder sur scène devant plus de 600.000 personnes. Bob Dylan, cité dans la chanson, en revanche, n’était pas de la partie. Mais il fallait bien trouver une rime à « Viva Donovan ».

  • 1972 – Une République anachronique

Que Marianne était jolie narre la naissance de la République française via son allégorique Marianne. « Elle est née dans le Paris 1790… », commence la chanson. Or, la Première république a été instituée deux ans plus tard, en septembre 1792. Une licence poétique qui permet à Michel Delpech de trouver une rime avec les « fleurs de lys ». Il signera peu après une version de ce titre… en allemand ! En 2007, il a dédié cette chanson à Ségolène Royal, alors candidate à la présidentielle, qui était venue l’applaudir en concert au Grand Rex.

  • 1973 – Pas de divorce avec le public

Alors que le 45 tours des Divorcés s’apprête à être commercialisé, la maison de disques ne croit pas au potentiel de la chanson. Eddy Barclay doit intervenir en personne pour exiger la mise en place de 100.000 exemplaires. L’avenir lui donne raison car dès sa sortie, 50.000 disques s’écoulent chaque jour. Un succès qui a su capter l’air du temps : deux ans après, le divorce par consentement mutuel est reconnu par la loi.

  • 2012 - « Quand j’étais chanteur » a déstabilisé les radios

Dans Quand j’étais chanteur, Michel Delpech décrit ce que pourrait être sa retraite et s’amuse à l’interpréter grimé en vieillard. Il s’imagine couler ses vieux jours à Saint-Georges, une commune de l’Indre-et-Loire qui n’aurait pas surgi dans le texte s’il n’avait pas consulté une carte routière chez son libraire… Il dit avoir appris que « Mick Jagger est mort dernièrement » et raconte avoir « fêté les adieux de Sylvie Vartan ». Ses prophéties ne se réaliseront pas. « Ma pauvre Cécile, j’ai 73 ans », déplore-t-il. Un âge que l’artiste, disparu à 69 ans, n’atteindra jamais. La chanson, elle, fût un succès malgré les réserves d’une partie des programmateurs radios déstabilisés par l’originalité du texte.

Les anecdotes relatées ci-dessus sont extraites du Petit Lecoeuvre illustréHistoire des chansons de A à Z, paru aux éditions du Rocher

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