David Bowie.
David Bowie. - Jimmy King

★ (ou Blackstar) est un album concis : 7 titres et environ 40 minutes. Voici ce que David Bowie propose pour le 8 janvier prochain, date de son 69e anniversaire. De Blackstar, on connaissait déjà le titre éponyme, utilisé pour la série de Johan Renck, The Last Panthers, qu’a diffusé Canal +. Sur Blackstar, figurent aussi deux titres dévoilés l’an dernier, mais qui ont été revisités : Sue (Or in a season of Crime) et ‘Tis a Pity She was a Whore.

Blackstar emprunte des chemins moins rock que The Next Day, sorti en mars 2013, qui marquait le retour du maître britannique après dix ans d’absence. Plus expérimental, son 25e album studio rappelle les audaces de Outside, et les fulgurances de Earthling. Le saxo présent sur tous les morceaux fait écho à sa période Black Tie White Noise. Car globalement Blackstar sonne très jazz, avec ses nappes déstructurées et son caractère intimiste. David Bowie a aussi fait appel à des musiciens aux sensibilités jazz, comme le saxophoniste Donny McCaslin ou le batteur Mark Guiliana. Titre après titre, visitons ★.

  • Blackstar

Puisqu’il fait dix minutes, Blackstar occupe le quart de l’album. Dès le début, on sent qu’on a affaire au Bowie expérimental, avec batterie et saxo dominants. Blackstar débute langoureusement avant de progresser vers des envolées épiques. Le morceau le plus hypnotique et langoureux de l’album a des réminiscences orientalisantes. Mais plane une atmosphère menaçante avec « I’m a blackstar » répété comme une incantation maléfique.

  • ‘Tis a Pity She was a whore

Un morceau qui parle de sexe, forcément c’est plus énervé. Le combat entre une batterie endiablée et un saxo vibrionnant sert d’écrin à un Bowie plus crooner. Ici, on se souvient des expérimentations jungle et drum’n’bass de Bowie sur l’album Earthling. Un peu monotone quand même.

  • Lazarus

Pour la première fois sur Blackstar, la voix de David Bowie se fait très distincte. Elle n’a pas perdu de son chien. Cette chanson à donner le blues, et à écouter sous la pluie, commence et se termine sur un riff de guitare très new wave. Ce morceau a été composé pour Lazarus, un spectacle musical inspiré du personnage de Thomas Jerome Newton que Bowie avait interprété en 1976 dans le film L’Homme qui venait d’ailleurs (The Man who fell to earth).

  • Sue (Or in a season of Crime)

A nouveau une batterie à donner de la tachycardie pour un morceau franchement pas mélodique. Cette chanson aurait pu figurer sur l’album Outside, comme un Small plot of Land en accéléré. La musique forme comme un maelstrom vertigineux au fond duquel la voix de Bowie attire vers le fond. Sue rappelle aussi les expérimentations récentes de Scott Walker, un des modèles de David Bowie.

  • Girl Loves me

Un titre assez accessible de l’album, quoique peu mélodique et assez court.

  • Dollar Days

Le premier morceau de l’album à commencer par des notes de piano, accompagnées par un saxophone. Cette ballade rock assez classique pourrait être située à mi-chemin entre Space Oddity et de Bring me the disco King.

  • I can’t give Everything Away

Ce dernier titre, également assez classique, s’enchaîne directement avec le précédent. Le rideau tombe sur un David Bowie lyrique et crooner. Ainsi Blackstar s’achève dans un climat apaisé.

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