Après Les Ailes Pourpres, Pollen, Félins, Chimpanzés et Grizzlis, DisneyNature revient dans les salles françaises avec Au Royaume des Singes. Un film tourné dans la jungle du Sri Lanka, et qui raconte les déboires de Maya, une macaque à toque qui doit dépasser la hiérarchie de son groupe pour assurer la survie de son fils, Kip.

Entre fiction et documentaire

Dit comme ça, surtout venant d’une production Disney, on pourrait croire à une sorte de Beethoven ou de Flipper le dauphin, mettant en scène des animaux dressés aptes à jouer la comédie. Mais il n’en est rien. Tous ces films, à mi-chemin entre le documentaire et la fiction, nous montrent une histoire vraie, vécue par des animaux sauvages qu’il est impossible de diriger. Cette donnée centrale impose de repenser complètement la façon de produire un film, et bouleverse les fondamentaux de la réalisation…

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« On est à l’opposé du modèle hollywoodien », explique Mark Linfield, réalisateur et producteur du film. « À Hollywood, les stars coûtent très cher, donc on tourne sur très peu de temps avec une équipe très nombreuse. Ici, les stars, en l’occurrence les singes, sont très généreux et travaillent pour nous bénévolement… Donc on peut les filmer pendant très longtemps, mais avec une petite équipe… » Ainsi, Maya et les siens ont été filmés durant trois ans, pendant lesquels cinq personnes ont cumulé plus de 1000 jours de tournage.

Un scénario évolutif

Et pendant tout ce temps, le script a évidemment été modifié et remodifié, à tel point qu’il ne correspond plus vraiment à l’idée de base : « À l’origine, on imaginait un film qui montre la diversité de la vie dans la jungle, avec beaucoup plus d’animaux et les singes en fil rouge », poursuit Mark Linfield. Il faut faire avec les surprises que réserve la vie sauvage, bonnes et mauvaises. Et savoir anticiper aussi, à très court terme comme à long terme.

Ainsi, durant les premiers mois, l’équipe a suivi deux singes, Maya et un jeune mâle qui serait amené plus tard à quitter le groupe pour fonder une famille. « Si Maya était morte par exemple, ou si on avait eu un gros problème de ce genre, il ne fallait pas que le film tombe à l’eau. », explique le réalisateur.

Des scientifiques pour guides

Au quotidien, « pour bien comprendre ce qui allait se passer, pour savoir où placer nos caméras, etc, nous avons bénéficié de l’aide de Wolfgang Dittus et de son équipe de primatologues qui étudient ces singes depuis 50 ans ». Une aide indispensable, en plus de la patience nécessaire, pour obtenir de superbes images tout en gardant une certaine rigueur scientifique.

C’est d’ailleurs l’un des points communs à toutes les productions de DisneyNature. Sans virer au cours de sciences naturelles, ces histoires sont racontées par la nature et retranscrites pour le cinéma. Et ce n’est pas fini, comme le confirme Jean-François Camilleri, manager général de DisneyNature : « On a aujourd’hui quatre projets qui n’ont pas encore été annoncés mais qui sont en travail à différents endroits du globe et sortiront jusqu’en 2020. » Parmi eux, on sait que Mark Linfield travaille actuellement à un film en antarctique, bien loin des singes avec lesquels il a passé tant de temps.

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