Camille Berthollet: «Ce que montrent mon album et "Prodiges", c’est que la musique classique, c’est aussi la jeunesse»

INTERVIEW La gagnante de la première édition de l'émission de France 2 évoque sa victoire et son premier album...

Propos recueillis par Fabien Randanne

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Camille Berthollet sur le plateau de «Vivement Dimanche», en octobre 2015.

Camille Berthollet sur le plateau de «Vivement Dimanche», en octobre 2015. — SIPA

Les quelque 5 millions de téléspectateurs qui ont regardé la première édition de Prodiges, en décembre, ne l’ont sans doute pas oubliée. Camille Berthollet a remporté le concours avec son interprétation de L’Eté, le troisième mouvement des Quatre saisons de Vivaldi. La violoniste franco-suisse publie ce vendredi son premier album chez Warner Classics et sera ce samedi, à 20h55 au rendez-vous des Prodiges font leur show sur France 2. L’artiste de 16 ans, que l’on sent aussi timide au bout du téléphone qu’elle est confiante sur scène, évoque auprès de 20 Minutes ce qui a changé pour elle depuis sa victoire cathodique.

Quel souvenir gardez-vous de votre victoire lors de la première édition de « Prodiges » ?

Des émotions très fortes, que ce soit au moment de mon premier passage ou lors de la victoire finale et même après la diffusion. J’ai vu l’impact que ça eu. Il y a eu un écho médiatique énorme. C’était inattendu pour de la musique classique.

Qu’est-ce que l’émission a changé pour vous ?

Ma personnalité est restée la même. Le regard de ma famille n’a pas changé et j’ai gardé les mêmes activités en dehors. Lorsque j’ai fait mon retour à l’université de Lausanne [Camille Bertholet est entrée à la fac à l’âge de 14 ans, elle est cette année en troisième année de licence], les commentaires ont été bienveillants. J’ai reçu beaucoup de messages. Plein de jeunes m’ont écrit pour me dire que mon passage dans l’émission leur avait donné de la motivation pour poursuivre l’apprentissage de la musique, d’autres me disaient s’être mis à la musique. Il y a aussi des jeunes qui sont venus à mes concerts et qui assistaient à un spectacle de musique classique pour la première fois. D’ailleurs, avec ma sœur Julie [de quatre ans son aînée], nous faisions pas mal de concerts, mais l’impact médiatique a été tel qu’on en a fait de plus en plus.

Vous participez samedi à l’émission « Les Prodiges font leur show »…

C’était [l’émission a été enregistrée en septembre] génial car ce n’était plus un concours, les autres anciens candidats et moi étions tous ensemble. On a lié de vraies amitiés et on a passé un excellent moment. On espère que le public le ressentira. Dans ce show, j’ai notamment pu faire un duo au violoncelle avec ma sœur Julie et un autre, au violon, avec un danseur…

Quels conseils donneriez-vous aux futurs candidats de « Prodiges » ?

Je conseille à tous ceux qui ont envie de participer de s’inscrire. Je ne voulais surtout pas que ce soit de la téléréalité et ce n’est effectivement pas le cas. On est très bien entourés, avec des orchestres de qualité et tout est fait pour qu’on se sente bien. C’est une expérience magnifique devant un jury expérimenté – il y a quand même Gautier Capuçon qui est le plus grand instrumentiste au monde ! – et toujours bienveillant. C’est une expérience qui nous fait avancer, elle n’est que bénéfique.

Votre premier album, intitulé « Camille Berthollet », sort ce vendredi…

Je n’y ai mis que des coups de cœur. J’avais envie de faire quelque chose qui représente ce que je suis et ce que j’aime. Le programme est varié, avec des duos, des trios, etc. J’ai pu faire un duo avec Gautier Capuçon, c’est incroyable, je n’oublierai jamais !

Que diriez-vous pour faire changer d’avis ceux qui ont des préjugés sur la musique classique ?

La meilleure chose est de venir et d’essayer d’écouter pour se faire sa propre opinion. Certains s’imaginent qu’il n’y a que quelques personnes âgées dans les salles, que la musique classique n’est pas vivante. Ce que montrent mon album et Prodiges, c’est que cette musique-là, c’est aussi la jeunesse.