Le premier prix de la rentrée pour un truculent roman d'espionnage. Laurent Binet, auteur de La Septième Fonction du langage (éditions Grasset), a été couronné ce mardi par le prix du Roman Fnac. Il succède à un jeune Britannique de 33 ans, Benjamin Wood, pour Le Complexe d’Eden Bellwether (Zulma).

Ce prix est décerné par un jury composé de 400 adhérents et 400 libraires de la Fnac. Le roman de Laurent Binet a été préféré à Profession du père de Sorj Chalandon (Grasset), Il était une ville de Thomas B. Reverdy (Flammarion), La Maladroite d’Alexandre Seurat (Rouergue) et D’après une histoire vraie de Delphine de Vigan (JC Lattès).

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Laurent Binet avait déjà reçu en 2010 pour son premier roman HHhH, le prix Goncourt du premier roman.

La théorie du complot chez les intellos

Le pitch ? Le 26 mars 1980, Roland Barthes décède un mois après avoir été percuté une camionnette. Si l’histoire officielle a validé la thèse de l’accident, Laurent Binet privilégie celle du complot et confie à Bayard, un flic inculte, mais malin, les rênes de l’enquête.

Bayard et le lecteur plongent ainsi avec truculence dans le monde des intellectuels des années 1980, de Sollers à Sagan, de Foucault à Deleuze. Tous comme Barthes, des enragés du langage. 

Pour l’aider à déchiffrer le charabia de ces « putains d’intellos gauchistes », Bayard s’adjoint les services d’un traducteur, Simon Herzog, jeune doctorant en sémiologie du cinéma, qui se révèle être une sorte de Sherlock Holmes grâce à l’observation des « signes ».

In fine, un roman d’espionnage plongé dans la joyeuse érudition de la linguistique et la machiavélique politique.