«Quelle tragédie!»: Anish Kapoor réagit au vandalisme de son œuvre à Versailles

ART CONTEMPORAIN L'œuvre «Dirty Corner» rebaptisée «Vagin de la Reine» depuis la polémique a été aspergée de peinture jaune mercredi soir…

A.L.

— 

Anish Kapoor devant Dirty Corner, à Versailles, le 5 juin 2015.

Anish Kapoor devant Dirty Corner, à Versailles, le 5 juin 2015. — ROMUALD MEIGNEUX/SIPA

Depuis le début de la polémique, l’œuvre est qualifiée de «vagin de la reine», alors qu’Anish Kapoor affirme n’avoir jamais employé la formule. Mercredi soir, la polémique a pourtant abouti au vandalisme de «Dirty Corner», grande trompe d’acier rouillé de 60 mètres de long, aspergée mercredi matin de jets de peinture jaune.

A lire aussi >>> Notre diaporama sur l'œuvre de Kapoor à Versailles

«Le problème me semble politique»

«Quelle tragédie! Quelle tristesse!», réagit auprès du Figaro l’artiste anglo-indien, qui refuse d’y voir un problème lié à l’art.

«Cela parle plus d'une certaine intolérance qui apparaît en France que d'art quel qu'il soit, estime l'artiste. Le problème me semble plus politique qu'autre chose, il renvoie à une fraction que l'on me dit très minoritaire pour laquelle tout acte créatif est une mise en danger d'un passé sacralisé à l'extrême pour des desseins qui n'ont rien d'artistique. [...] Je trouve ce phénomène de nuisance triste».

«Je n'ai jamais dit La Reine»

Anish Kapoor rappelle n’avoir «jamais employé les mots d'où est née la polémique», «jamais dit La Reine», et assure: «Le fait de baptiser Dirty Corner d'un vulgaire Vagin de la Reine est une façon de rabaisser mon travail, de mettre l'art au niveau des injures, de salir mon œuvre.» 

L’avenir de l’oeuvre monumentale est compromis, puisqu’ôter la peinture jaune «impliquerait forcément d'ôter la patine qui donne sa couleur rouille à Dirty Corner», ce qui serait «impossible in situ». Anish Kapoor ne sait pas s'il «doi(t) la démonter ou la laisser en l'état.»