Bon anniversaire, Jean d'Ormesson. L'écrivain et académicien célèbre ce mardi son 90e anniversaire, et «récuse» la formule «c'était mieux avant». 

«Ca a toujours été très difficile»

«Il y a une formule que je récuse tout à fait c'est: "c'était mieux avant". Ce n'était pas mieux avant, ça a toujours été très difficile», a affirmé l'académicien, interrogé sur Europe 1

«Nous avons connu, grâce à l'Europe, 30, 40, 50 années de paix et quand je pense à ma jeunesse, quand j'avais 10 ans ou 15 ans, c'était bien plus difficile», a-t-il ajouté. «Il fallait choisir entre Hitler et Staline, ça n'était pas gai», a-t-il rappelé.

«La mort ne me fait pas peur du tout»,

Hospitalisé quelques jours en avril à la suite d'un malaise, il s'est voulu rassurant sur son état de santé aujourd'hui. «J'ai eu une année un peu difficile l'année dernière mais j'ai été merveilleusement soigné et je vais bien maintenant», a-t-il assuré.

Le doyen de l'Académie française a ironisé sur le sens de l'appellation Immortels pour désigner les membres de l'institution du Quai de Conti. «Vous connaissez la définition de Cocteau: "nous sommes Immortels pour la durée de notre vie après nous nous changeons en fauteuil"», a-t-il dit.

D'ailleurs, la mort n'effraie pas l'auteur de La gloire de l'Empire. «Je me suis beaucoup occupé de la mort mais ça ne me fait pas peur du tout», a-t-il souligné. 

Tout juste entré dans La Pléiade

L'écrivain qui vient d'entrer dans la prestigieuse collection de la Pléiade a par ailleurs estimé que «le drame pour un écrivain c'est que ses livres soient oubliés».

«Grâce à Antoine Gallimard (le patron de la Pléiade, ndlr), je suis sûr que mes livres seront mis à la disposition des générations qui viennent», s'est-il félicité. «L'idéal, pour un écrivain, c'est d'être lu cinquante ans après sa mort», a-t-il insisté.

En attendant, Jean d'Ormesson travaille à son prochain roman, Dieu, les affaires et nous. Chronique d'un demi-siècle, qui sortira le 20 août chez Robert Laffont.