Grand Corps Malade: Interdit de concert, il est soutenu par Fleur Pellerin

POLEMIQUE Le maire UMP du Blanc-Mesnil Thierry Meignen a fait interdire une représentation du slammeur au théâtre municipal...

J.M.

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Grand Corps Malade, en concert à Saint-Ouen, le 14 juin 2014.

Grand Corps Malade, en concert à Saint-Ouen, le 14 juin 2014. — SADAKA EDMOND/SIPA

Grand Corps Malade est furieux. La mairie du Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) a interdit le concert qu’il devait assurer au théâtre municipal le 21 mai. En cause, la présence annoncée sur scène de Richard Amghar, alias Richard Taxi, un opposant à la politique du maire UMP Thierry Meignen. Selon Le Parisien, la mairie a ensuite invoqué un problème d’assurances et « le non-respect du contrat », qui ne prévoyait pas la présence de Rachid Amghar. De son côté, Grand Corps Malade se réserve le droit de traîner la mairie en justice pour « rupture de contrat abusive ».

La polémique s’est invitée jusqu’au gouvernement. Dans la nuit de jeudi à vendredi, la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, a indiqué sur Twitter qu’il s’agissait d’une « annulation honteuse » et d’« une décision politique contre la liberté de création ».

 

Le slammeur de 37 ans, lui, n’en revient toujours pas. Dans une tribune publiée sur Le Plus, il indique ce jeudi que « la municipalité a pris peur de la potentielle phrase d’un citoyen concerné. Me voilà de fait dissident politique, interdit de parole et de musique. »

« Je trouve ça très grave »

Sur RTL, il s’était déjà emporté mercredi : « On annulerait un concert, on priverait les habitants du Blanc-Mesnil de tout un concert uniquement parce que le cabinet du maire ou le maire lui-même ne souhaite pas voir quelqu’un monter sur scène parce qu’il n’est pas en odeur de sainteté… ? Je trouve ça très grave, je trouve ça incroyable qu’en 2015 on annule un concert pour ces raisons-là. »

Un meeting politique, selon le maire

Dans un communiqué diffusé le lendemain, Grand Corps Malade a indiqué qu’il n’avait jamais eu l’intention de « faire sur scène un meeting politique » et qu’il avait prévenu que « Rachid Taxi ne ferait que chanter sa chanson ». Le maire avait en effet déclaré : « J’ai compris que ce tour de chant que l’on aurait apprécié… était sur le point de se transformer en meeting politique contre le maire fraîchement réélu… je reconnais à l’artiste le droit de revendiquer la propriété de ses textes, mais en aucun cas il ne peut s’octroyer le droit d’autoriser qui il veut à déclarer ce que bon lui semble sur la scène du Blanc-Mesnil et pour un prix qui n’est pas accessoire… »