• Le président de la République était l'invité de la matinale de France Inter pendant deux heures lundi matin.
  • François Hollande a déclaré vouloir lire le roman Soumission de Michel Houellebecq, qui sort mercredi et fait polémique.
  • Le roman imagine une France gouvernée par le chef d'un parti musulman, après avoir battu Marine Le Pen à l'élection présidentielle.

 

François Hollande a déclaré lundi qu'il lirait le nouveau roman de Michel Houellebecq, Soumission, qui fait polémique en peignant une France dirigée par un chef de parti musulman, tout en appelant les Français à ne pas se laisser «dévorer par la peur».

«Je le lirai parce qu'il fait débat. La littérature, c'est la liberté donc je le lirai sans vouloir le commenter ici avant l'heure», a déclaré le président de la République sur France Inter. Ce nouvel opus du sulfureux écrivain sort en librairie mercredi.

«Cette tentation de la décadence, du déclin»

«Ce que l'on pense toujours être une audace littéraire n'est qu'une répétition: il y a toujours eu, siècle après siècle, cette tentation de la décadence, du déclin, de ce pessimisme compulsif, de ce besoin de douter de soi-même», a souligné François Hollande.

Michel Houellebecq, prix Goncourt 2010, en est «une forme de continuité avec cette part d'amusement: on ne sait pas si c'est ce que l'on souhaite ou que l'on redoute, on se délecte». «Mais c'est de la littérature et je laisse les auteurs s'exprimer comme ils l'entendent, ce n'est pas mon rôle de dire le bien ou le mal par rapport à des textes», a-t-il dit.

A la recherche des «forces positives»

«En revanche mon rôle est de dire "ne nous laissons pas emporter par ce climat, dévorer par la peur, l'angoisse"», a affirmé le chef de l'Etat, rappelant que «l'idée de la submersion, de la soumission, de l'invasion, c'est une vieille idée».

«La France a été parfois occupée, submergée, envahie, elle sait ce que c'est. Mais qu'est-ce qui fait qu'on a été capable de résister, d'être meilleurs qu'on l'avait même imaginé, de nous dépasser? Qu'est-ce qu'il y a comme forces positives dans notre pays? Il y en a beaucoup, énormément, on parle de la jeunesse. Et c'est sur les forces positives que je veux moi m'appuyer pour la France», a-t-il conclu.