Détail de l'affiche du festival de la BD d'Angoulême 2015
Détail de l'affiche du festival de la BD d'Angoulême 2015 - © Bill Watterson / 9eArt+ 2015

Alors qu’il avait rangé ses pinceaux depuis vingt ans, l’Américain Bill Watterson, «papa» des cultissimes Calvin & Hobbes, a été désigné Grand Prix du festival international de la bande dessinée d’Angoulême 2014. Mais ses fans et les organisateurs ne se faisaient pas d’illusion quant à sa participation à l’édition suivante -qu’il est supposé présider- car ce génial créateur de 56 ans n’était quasiment plus apparu en public depuis 1995.

Il faut pourtant croire qu’il n’a pas été insensible à l’hommage qui lui a ainsi été rendu puisqu’il a, contre toute attente, accepté de dessiner l’affiche de l’édition 2015. Partenaire presse du festival d’Angoulême depuis 2006, 20 Minutes a le plaisir de vous la présenter en avant-première, commentée au cours d'un entretien que Bill Watterson nous a accordé en exclusivité.

Appréciez-vous d’avoir été désigné Grand Prix du festival d’Angoulême?

Pour être honnête, l’univers des festivals et de leurs récompenses est très éloigné de mes préoccupations quotidiennes. Mais je suis toujours flatté d’apprendre que l’on continue à apprécier mes travaux!

Vous présiderez la prochaine édition. Ferez-vous le déplacement en France?

Non. Ma participation se limitera à la réalisation de l’affiche officielle -ce qui est fait, et à l’envoi de certaines de mes planches qui alimenteront une exposition consacrée à mon travail.

© Bill Watterson / 9e Art+  2015

Vous ne dessinez plus depuis longtemps. Pourquoi avoir accepté de réaliser l’affiche officielle?

J’ai pensé que c’était un défi intéressant… et ça l’a vraiment été!

Qu’avez-vous voulu exprimer dans cette affiche?

J’ai d’abord cherché à évoquer mon propre travail, j’ai donc dessiné une planche sur la lecture de strips tels qu’on en trouve dans les suppléments de la presse du dimanche aux Etats-Unis (NDLR: «Calvin et Hobbes» était publié sous cette forme)… puis j’ai trouvé amusant de présenter ça dans la maquette d’un journal, comme si c’était un de ces strips. Pour rendre l’ensemble plus universel, j’ai supprimé tout dialogue, donc toute barrière linguistique. Raconter une histoire uniquement en images est l’une des grandes forces –et des grands plaisirs — qu’offre la bande dessinée. En ce sens, j’espère avoir réussi à exprimer à la fois mon travail et la bande dessinée en général. Et à rendre hommage à ce qui rend ce médium si plaisant à lire.

Calvin and Hobbes ont fait votre célébrité. Pourquoi n’apparaissent-ils pas sur l’affiche?

Je n’ai jamais utilisé mes personnages pour promouvoir autre chose que mon propre travail, et là, il s’agit de promouvoir la BD dans son ensemble.

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