Corentin Houssein, alias Gotaga.
Corentin Houssein, alias Gotaga. - Christophe Deroo

Etre un athlète de haut niveau en restant derrière un écran, c’est désormais chose commune. La Paris Games Week, qui ouvre à partir du mercredi 29 octobre pour s’achever le dimanche 2 novembre, accueille l’Electronic Sports World Cup (ESWC), une compétition de jeux vidéo à haut niveau. Parmi les disciplines: Fifa, Just Dance, Trackmania... Et parmi les compétiteurs: Gotaga.

A l’âge de 21 ans, Corentin «Gotaga» Houssein, invité ce lundi à participer à un chat à 20 Minutes, a déjà une belle carrière devant lui. Ce natif de Mantes-la-Jolie, où il habite encore, a abandonné ses études pour se consacrer au sport électronique (e-sport). Ses parents, une mère au foyer et un père informaticien, ne l’ont d’abord pas vu d’un bon œil. «Un Noël, mon père avait ramené une Xbox 360 à la maison, se rappelle Corentin Houssein. Et quand mes notes à l’école ont commencé à décliner, ils ont vite fait le rapprochement...»

«Sur mes mots d’absence, je mettais "LAN"»

Pour autant, ses parents l’ont encouragé dans cette voie, quitte à ce qu’il abandonne le lycée l’année où il devait passer un bac S. Auparavant, même son lycée à Aubergenville s’est montré plutôt conciliant. «Sur mes mots d’absence, je mettais parfois les trois lettres "LAN"», et ça passait. LAN pour Local Area Network, terme qui désigne communément des parties de jeux vidéo en réseau. Corentin Houssein se rappelle aussi d’un professeur de maths joueur de Counter-Strike: «Il m’a vu une fois sur la chaîne Game One et en a parlé à ses collègues.»

Expert de «Call of Duty»

La franchise qui est devenu la discipline de ce jeune homme, c’est Call of Duty, jeu de tir militaire en vue subjective. «Dans une même équipe, une bande de potes qui s’étaient rencontrés en jouant en ligne, je jouais d’abord à Ghost Recon, puis à Gears of War. Un jour, l’équipe a eu besoin de remplacer quelqu’un sur Call of Duty 4, et c’est là que ça a commencé.» Il s’entraîne sur les épisodes successifs de la franchise et commence peu à peu à gravir les échelons de la gloire dans le milieu de l’e-sport. Il déclare n’avoir jamais rien signé avec l’éditeur de la franchise, Activision: «Ça me donne une légitimité pour parler de Call of Duty en toute liberté.»

«Entre 3.000 et 15.000 euros» en fonction des mois

Ce «perfectionniste», comme il se qualifie, est désormais salarié au sein de son équipe, Vitality. En participant tous les soirs à des tournois, il remporte aussi des «cash prizes», des récompenses dont le montant peut atteindre 400 euros. Il est également rémunéré grâce à cette activité, mais aussi aux revenus tirés de ses vidéos en streaming, des gros championnats et des sponsors comme Red Bull. Du bout des lèvres, Corentin Houssein confie gagner «entre 3.000 et 15.000 euros» en fonction des mois. Mais il garde la tête sur les épaules. A part des nuits consacrées en partie à sa profession, le joueur déclare dans un sourire avoir une «vie normale»: «Je sors en soirée, en boîte, j’ai une copine…»

Si, plus jeune, Gotaga imaginait être vétérinaire, à ce jour, il ne sait pas encore quel sera son futur. Il se verrait bien «coach» d’une équipe de sport électronique. Et pourquoi pas de l’un de ses deux petits frères, âgé de 15 ans. Sous le pseudonyme de CarboN, ce dernier a déjà commencé à se tailler une belle réputation. L’e-sport, c’est aussi une histoire de famille.

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