Impossible de savoir qui succédera à la Canadienne Alice Munro ce jeudi à 13h. Il y a bien des favoris: la Bélarusse Svetlana Alexievitch, le Kenyan Ngugi wa Thiong'o et le Japonais Haruki Murakami sont ceux des cercles littéraires et des sites de paris en ligne. Mais les voies du Nobel restent impénétrables. Et celles du Nobel de littérature encore plus que les autres.

>> Les noms des favoris par ici 

Une sélection très opaque. Comme tous les ans, les 17 membres de l’Académie (des écrivains, des critiques...) reçoivent en février une liste d’environ 200 candidatures - 210, cette année – qu’ils étudient avec le soutien d’experts et de traducteurs pour la réduire à 20 noms. Puis à cinq noms, en mai. «Ensuite nous avons l’été pour lire les cinq auteurs de cette liste», explique lui-même Peter Englund, auteur et historien suédois, secrétaire permanent depuis 2009. «L’Académie se retrouve à la mi-septembre, et nous nous sommes généralement mis d’accord sur le lauréat début octobre.» Même la date exacte de l'annonce est divulguée à la dernière minute, mais selon la tradition, le prix de littérature est décerné un jeudi. Et le lauréat est appelé trente minutes avant. 

Des archives classées secret-défense. Comme pour tous les Nobel, les nominations et le contenu des délibérations sont gardés secrets pendant 50 ans. Quand le nom du lauréat est annoncé, on ne sait donc jamais quels étaient les quatre autres de la shortlist, d’ailleurs réinscrits d’office pour les sélections de l’année suivante. Ce n’est par exemple qu’en 2008 que les archives du prix Nobel de 1957 ont été ouvertes, année où Albert Camus l'obtient. On découvre alors que se jouait depuis quelques années un match entre l'auteur de l'Etranger et André Malraux, qui n'aura jamais le prix. 

Des noms de code pour les auteurs. L'été, les membres de l'Académie ont donc une belle pile de livres à écouler. Mais personne ne doit savoir qui ils lisent. Ils sont donc parfois obligés d'utiliser des noms de code pour les auteurs, et sont même réputés pour utiliser de fausses couvertures quand ils lisent en public. Le poète suédois Tomas Tranströmer avait par exemple hérité du nom de code «Stina» avant d’être élu en 2011.

Le menu d'Horace Engdahl. Dans les semaines précédent l’annonce, les membres de l’Académie restent le plus discret possible mais les médias suédois et les fans de littérature sont en alerte. Le Wall Street Journal raconte même qu'en octobre 2012, le membre de l’Académie Horace Engdahl avait été vu en train de commander un plat thaï à emporter, «ce qui a conduit certains à spéculer qu’un auteur thaï pouvait être en lice». S'il a été vu cette année en train de commander des escargots, c'est sûr, c'est pour Modiano. 

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