L'Exconférence
L'Exconférence - Gionvanni Cittadini Cesi

Existe-t-il des extraterrestres? Et si oui, seront-ils prêts à copiner, nous soumettront-ils à des tests médicaux déplaisants ou choisiront-ils de nous ignorer? Alexandre Astier répond à ces questions et à beaucoup d'autres dans L'Exoconférence, son nouveau one-man-show mis en scène par Jean-Christophe Hembert. Au fil d'une démonstration brillante, l'auteur-acteur expose ses vues sur les aliens, E.T. et autres créatures susceptibles de s'inviter sur notre bonne vieille Terre.

Des surprises dans la continuité

Après Que ma joie demeure (2012) où il incarnait un Jean-Sébastien Bach dépressif, Astier investit de nouveau la scène du Théâtre du Rond-Point pour parler astronomie avec le mélange savant d'érudition et de déconnade qui ont fait le succès de sa série «Kaamelott». Là s'arrêtent cependant les similitudes avec ses précédents travaux. L'Exoconférence pourra dérouter les inconditionnels du roi Arthur. «J'aime beaucoup mes fans, dit Alexandre Astier. Je suis parfaitement conscient du fait que je ne serais pas là sans eux, mais je ne veux pas les laisser me dicter ce que je dois faire. Je ne peux pas me permettre d'écrire en pensant à eux». L'ex souverain de Bretagne signe et interprète presque seul un spectacle intelligent et drôle où des théories sur le Big Bang côtoient des citations de Blaise Pascal et un ordinateur capricieux.

Un chercheur passionné

Depuis l'enfance, Alexandre Astier se passionne pour l'espace. Il a même voulu être astronome. «C'est un sujet qui me travaille. J'en savais un peu plus que onsieur-tout-le monde qui s'en fout mais il a fallu que je me documente pour écrire un spectacle qui se tienne». C'est donc dans la peau d'un conférencier que l'acteur fait partager ses connaissances. «Cette forme me convient car j'aime être dans la position d'expliquer même si j'énonce des bêtises ou des absurdités». Maître Astier ne distille pas que des âneries, loin de là. Son spectacle, brillamment orchestré, est un véritable cours d'astrophysique saupoudré d'un délire qui le rend abordable, tordant, mais aussi instructif.

Adopter une théorie

Au terme de quatre-vingt-dix minutes d'une démonstration riche en surprises, le couperet tombe: l'invasion de notre planète par de petits hommes verts ne semble pas pour après-demain. «Ça m'a plu de parler de l'éventualité extraterrestre en me disant que nous avions un point commun, la physique. Cela me permettait de démontrer l'impossibilité naturelle du voyage interstellaire», déclare Astier. Il se défend cependant de se montrer cynique. «Je ne veux pas empêcher les gens d'y croire car cette mythologie est très attrayante. C'est pour cela que je conserve une fin ouverte». Laquelle a été suivie par une tempête d'applaudissements dans une salle bondée.

Et la suite ?

Les projets ne manquent pas. Une tournée en province suivra les représentations parisiennes de L'Exoconférence. Le 26 novembre prochain ce sera la sortie de son film d'animation Astérix - Le Domaine des Dieux puis Astier se lancera sur «Vinzia», série sur une famille d'immigrés italiens conçue pour Canal+. «Pour l'instant, je ne souhaite travailler que sur mes propres projets et ne pas me disperser sur ceux des autres», dit-il. Parmi les plus espérés se trouvent les longs-métrages de Kaamelott. «Ça commence à bouger mais c'est bien d'avoir attendu. Les films auraient été différents si je les avais tournés tout de suite après la série». Il pourrait aussi  s'attaquer à la Bête de Gévaudan, l'un de ses autres sujets de prédilection...

Au Théâtre du Rond-Point, du mardi au dimanche, jusqu'au 19 octobre, de 11 à 36 euros.

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