«Minecraft», un jeu vidéo, mais aussi un succès de librairie

LIVRES Deux albums jeunesse de Gallimard, deux guides officiels de Minecraft, se sont écoulés à près de 60.000 exemplaires...

Joel Metreau

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Les superhéros de Marvel ont été recréés dans le monde de

Les superhéros de Marvel ont été recréés dans le monde de — Microsoft / Mojang

Juste derrière Madame Câlin, de la collection «Monsieur-Madame», Minecraft: le guide officiel pour bien débuter (Gallimard Jeunesse, 10,50€) est un autre succès d'édition dans le secteur des albums jeunesse. Pendant près d'un mois, du 28 avril au 25 mai, ce livre s’est classé deuxième meilleure ventes d’album jeunesse, selon le classement Ipsos/Livres Hebdo. Et ce n’est pas le seul livre dédié à ce jeu vidéo imaginé par le studio indépendant suédois Mojang. A la douzième place des ventes, un autre ouvrage, Minecraft : Redstone, le guide officiel, du nom du minerai qui s’avère une indispensable matière première dans ce jeu de cubes et de construction.

Plus de 15 millions de ventes sur PC

Tirés à 30.000 exemplaires chacun, ces albums sont déjà en voie d’être épuisés, selon l’éditeur Gallimard Jeunesse. Un succès à mettre d’abord sur le compte du phénomène culturel que représente «Minecraft», sorti en 2011, auquel par exemple «Les Simpson» ont déjà rendu hommage. «Il faut comparer aux ventes du jeu, qui sont actuellement de plus de 15 millions sur PC et Mac», note Clément Reynaud, rédacteur pour le site Minecraft.fr, qui regroupe une communauté française de fans. Sans compter que le jeu a été vendu 12 millions de fois sur la console Xbox 360.  

«Une liberté qui permet à des enfants de s’y projeter»

Mais il y aussi le fait que «Minecraft» séduit les jeunes. «On peut totalement s’approprier l’univers comme celui des Lego, explique Thomas Dartige, responsable éditorial chez Gallimard Jeunesse.  De plus, le jeu offre une liberté qui permet à des enfants de s’y investir et de s’y projeter. En plus, son graphisme très pixel art participe au fait que ce jeu a le goût de l’enfance.» Sur Minecraft.fr, le rédacteur s’est également rendu compte de sa popularité auprès des jeunes: «Il est simple, et on peut jouer des heures et des heures dessus, télécharger les mondes créés par d‘autres joueurs et tout ça pour 20 €.»

Succès d'édition chez les Anglo-saxons

Pourtant à l’ère de multiplication des tutoriels de jeux vidéo sur les plates-formes de partage de vidéo, l’idée d’un «guide officiel» sur papier semble inutile. Mais en novembre 2013, la maison d’édition Egmont UK avait annoncer faire réimprimer un million d’exemplaires de ces deux premiers ouvrages. Gallimard Jeunesse en a donc acheté les droits. «On a trouvé qu’ils étaient bien faits, pointe Thomas Dartige. Et puis, c’est une autre matière de découvrir ''Minecraft'', en faisant baisser la consommation des écrans.  Parmi les idées reçues, il ya celui que les hardcore gamers sont de faibles lecteurs. Or ils sont souvent avides de lectures de l’imaginaire, comme la fantasy.»

Des objets de collection

De son côté Clément Reynaud n’est pas «persuadé que les gens qui ont acheté ce livre ne sont que des enfants ou préados. Les produits dérivés liés à ''Minecraft'', comme les tee-shirts et les peluches, se vendent très bien.» Ces ouvrages ont donc dû piqué l’appétit des fans et des collectionneurs. «C’est vrai qu’on a aussi joué la carte du collector, avec couverture cartonnée, qui joue avec les codes graphiques du jeu», reconnaît Thomas Dartige. Ces guides sont en réimpression et fin août sortiront deux titres sur deux nouveaux thèmes: combat et construction.

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