Le siège de Netflix à Los Gatos en Californie.
Le siège de Netflix à Los Gatos en Californie. - PAUL SAKUMA/AP/SIPA

P.B.

Guten Tag et bonjour, Netflix? Alors qu'il est déjà présent dans sept pays européens, l'Américain a expliqué dans sa lettre trimestrielle aux actionnaires, mercredi, avoir des projets d'expansion «considérables» sur le Vieux continent cette année. Netflix ne précise pas sur quels marchés il lorgne, mais l'Allemagne et la France tiennent la corde, après un premier tir groupé nord-européen (Royaume-Unis, Irlande, Pays-Bas et la Scandinavie).

En décembre, des dirigeants de Netflix avaient été reçus à l'Elysée, à leur demande. Puis c'est la ministre déléguée à l'Economie numérique, Fleur Pellerin qui s'est entretenue avec le PDG du groupe, Reed Hastings, en janvier, lors du Consumer Electronic Show de Las Vegas. «Rien ne s'oppose à la venue de Netflix en France», avait-elle lancé.

 

Un autre signe avant-coureur a vendu la mèche: dans une petite-annonce pour recruter une équipe marketing européenne, Netflix liste, outre l'anglais et le néerlandais, le français et l'allemand comme «un plus».

 

Le problème de la chronologie des médias

 

Selon les bruits de couloir, les négociations bloquent notamment sur la part du financement du cinéma français et sur la chronologie des médias. Actuellement, le délai est de 36 mois entre la sortie en salle et la disponibilité en SvoD (vidéo à la demande par abonnement). L'an dernier, le rapport Lescure préconisait de l'abaisser à 18 mois, ce qui serait sans doute suffisant pour Netflix.

 

Aux Etats-Unis, où le délai est contractuel pour chaque film, Netflix ne propose pas beaucoup de films récents car cela lui coûterait trop cher. Pour 7,99 dollars par mois, le service se concentre sur les anciens films, les documentaires, des séries télé à succès («Breaking Bad», «Sherlock» ou «Luther»), et ses programmes maison («House of Cards», «Orange Is the New Black», «Arrested Development»).

 

Mercredi, Netflix a annoncé qu'il comptait 44 millions d'abonnés dans le monde, dont 33 millions aux Etats-Unis. Au dernier trimestre, il a généré un chiffre d'affaires de 1,18 milliard de dollars pour un bénéfice de 48 millions de dollars. C'est sept fois plus que sur la même période il y a un an.