Florent Marchet pour l'album Bambi Galaxy
Florent Marchet pour l'album Bambi Galaxy - Olivier Metzger
Florent Marchet fait partie de la famille des orfèvres de la chanson française. Ni le plus charismatique ni le plus connu, il est malgré tout, probablement, le meilleur dans son domaine. Ses chansons infiniment émotives racontent des morceaux d’existence. Pour son nouvel album, Bambi Galaxy, Florent Marchet invite à un voyage intersidéral aux confins de l’univers.
 
Cet album a-t-il été long à réaliser?
Après la tournée de l’album Courchevel, ça a été important pour moi, à ce moment-là de ma vie, de me poser un questionnement existentiel. Il y a tout un tas de questions qui m’intéressent depuis longtemps que je voulais prendre le temps d’explorer. Je n’ai pas pensé aux chansons de prime abord. J’aime écrire des chansons mais je pourrai vivre sans ça.
 
Quel genre de questions?
Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui, on a extrêmement peur du futur alors que quand j’étais gosse, on se projetait dans un futur merveilleux? Dans les années 1980, on n’avait pas la peur d’être moderne. Au contraire. En musique, cela s’est traduit par une révolution musicale.
 
Pourquoi était-ce nécessaire de faire ce travail-là? Pour être plus serein?
Oui, et heureux. Le travail introspectif m’a fait réaliser des choses. Sur moi, ça fonctionne mieux qu’une psychanalyse. Je le sais parce que j’ai essayé les deux. A nouveau heureux parce qu’à nouveau je savais où était ma place, j’ai recommencé à écrire. Et assez naturellement, j’ai choisi ces questionnements pour thème de l’album.
 
Qu’avez-vous appris?
C’est compliqué à synthétiser en quelques phrases et c’est pour ça que j’en ai fait un album. Mais j’ai réalisé par exemple que l’homme est obsédé par l’idée de préserver la planète mais que la planète, elle, s’en fout. On veut seulement préserver notre espace vital. La présence de l’homme sur Terre sera plus courte que celle des dinosaures. L’homme est autocentré et narcissique à un tel point qu’il devient un danger pour lui-même.
 
Et apprendre ça vous a redonné la sérénité? Vraiment?
On appartient à un tout et ça, c’est rassurant. Moi, ça me rassure. A l’échelle de l’univers, de l’infiniment grand comme de l’infiniment petit, la mort, le fait que je cesse de vivre, n’a aucun sens. L’univers continue son expansion et les quarks et les bosons interagissent tranquillement.

Vous vous êtes frotté à des écrits scientifiques?
Oui, de manière plus ou moins dilettante. J’ai lu des livres, dont certains où je ne comprenais rien, parce que je trouvais cela poétique. J’ai lu qu’il existait au moins onze dimensions alors que l’on en perçoit que quatre. J’adore penser à ça, c’est inspirant non?
 
Comment ces réflexions se traduisent-elles en chansons?
Les scientifiques décrivent le cerveau comme un cosmos intérieur. Cette idée a été le point de départ de l’histoire que je raconte. Mais je voulais être moins narratif que dans mes anciens albums. Je ne voulais pas être un conteur. C’est pour ça aussi, que j’ai commencé à travailler sur ma voix. Avant, je voulais qu’elle sonne telle que je pensais qu’elle était en réalité. Mais bon, la réalité…
 
On ne comprend pas toujours très bien ce que vit le personnage…
Il ne sait pas où est sa place, pour lui et sa famille. Il cherche. Je voulais que tout ça reste flou, qu’on ne sache pas où et quand ça se déroule. Dans l’espace? Dans le futur? Je raconte un état plutôt qu’une histoire, quelque chose qui ne soit pas lié au quotidien de nos sociétés.
 
C’est tout de même l’histoire d’un exil intersidéral…

Oui, parce que c’est le rêve ultime et que je voulais me servir du matériau de mes rêves. C’était nouveau pour moi, donc excitant. 

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