Julien Doré pour son troisième album, LØVE.
Julien Doré pour son troisième album, LØVE. - Yan Orhan
Benjamin Chapon

Alors qu’il sort son troisième album, «LØVE», Julien Doré nous reçoit dans une chambre de l’Hôtel Thérèse, entre le quartier de l’Opéra et celui du Palais Royal. Son quartier. Et le choix n’est pas anodin.

Julien Doré: J’en avais marre des articles qui commençaient par «Julien Doré nous reçoit dans une suite du palace Machin» alors que je n’y mets jamais les pieds d’habitude. C’est la maison de disque qui réserve ces chambres pour faire la promo.

Alors que l’hôtel Thérèse vous correspond?

Oui. Déjà parce que c’est mon quartier, et que j’adore cet endroit de Paris. Ensuite parce que j’ai vécu ici quelques temps quand je n’avais plus d’appart’.

Votre vie sentimentale et immobilière est exposée dans l’album.

Il y a une chanson qui s’appelle «Hôtel Thérèse» et la plupart des titres parlent de rupture amoureuse et de ses conséquences. Alors, oui, je m’expose. Cet album, c’est un carnet de voyages, d’exploration de mes zones intimes. Mais je ne sais pas faire autrement. Je ne peux pas écrire sur autre chose que des sentiments intenses vécus.

Même lorsque vous composez pour d’autres?

Je l’ai peu fait. Et quand je l’ai fait, pour Françoise Hardy ou Julien Clerc, j’ai d’abord essayé d’écrire des chansons que j’aurais pu chanter moi, dont je suis fier, tout en pensant aux voix des commanditaires.

Et votre voix à vous, vous avez l’impression qu’elle évolue?

Peut-être, je ne sais pas. Ce qui a le plus évolué en moi, c’est mon rapport à l’énergie. Les tournées m’ont donné foi et confiance en moi. Le spectacle vivant, la création d’un rapport avec le public, le trac immense auquel succède la libération dès que je suis sur scène… Tout ça me donne une énergie folle, une envie de créer encore et encore des chansons, pour enrichir le spectacle. Les chansons de l’album, je les voulais plus sensuelles, plus dansantes parce qu’il me manquait cette couleur dans le spectacle.

Quelle couleur?

Une couleur de fin d’été. Je voulais trouver ce contraste entre le chaud et le frisson. La mélancolie des textes qui contraste avec la joie de certains morceaux est là pour ça.

Après une longue tournée, vous êtes reparti très vite en studio, pendant un mois, avec les mêmes musiciens. Il n’y a pas d’overdose?

Non, absolument pas. On se respecte et on s’implique les uns vis-à-vis des autres. Ils étaient là pour moi à un moment de ma vie où… Bon, ce sont mes potes, quoi. On est à la fois ultra sincères entre nous et très pudiques.

Il n’y a que des hommes dans cette histoire…

Oui, c’est un truc entre couilles. Mais on a tous une grosse part de féminité et on n’a pas peur de notre émotivité. Donc ça va, ce n’est pas trop bourrin.