Cette fois, il devrait accepter. Serge Lama recevra, le 25 novembre, à L’Olympia, le seul, l’unique, prix Spécial de la Sacem. En février, le chanteur avait refusé une Victoire d’honneur, vexé parce qu’il faisait partie d’une fournée de quatre Victoires d’honneur.

Outre l’empereur de la chanson française, inénarrable interprète de «Napoléon» et de «Femmes, femmes, femmes», les Grands Prix Sacem récompensent cette année Etienne Daho. Alors que le chanteur va très bientôt sortir un nouvel album, la Sacem lui décerne un Grand Prix de la chanson française qui éclabousse un peu toute une génération de jeunes artistes français se réclamant de l’héritage pop de Daho.

La musique à la Foly

Attribués par un jury de membres du conseil de la Sacem, ces Grands Prix existent depuis 2006 et récompensent les carrières plus ou moins jeunes d’auteurs compositeurs de divers horizons, de la chanson à la musique symphonique en passant par l’humour.

Liane Foly, mieux connue comme chanteuse, reçoit ainsi cette année le Grand Prix de l’humour pour ses talents d’humoriste et d’imitatrice, même si elle n’a pas de spectacle d’humour actuellement à l’affiche. Les Grands Prix Sacem se veulent déconnectés de l’actualité. Ou du moins, non dépendants de l’actualité.

Toute la musique de A à Zaz

Le Grand Prix du jazz est ainsi décerné à Romane, légende du jazz manouche, et le Grand Prix des musiques du monde à Gilberto Gil, ex-ministre de la culture du Brésil et infatigable ambassadeur des musiques brésiliennes.

Le palmarès a les idées et les oreilles larges. Il compte aussi bien Zaz, récompensée du Grand Prix du répertoire Sacem à l’export pour sa capacité à se faire entendre par-delà nos frontières, que Rover, lauréat du Prix Francis Lemarque qui a bourlingué au Liban avant de venir poser sa pop lyrique en France. Ce prix, par lequel sont passés Emily Loizeau, Alexis HK et Anaïs, salue les carrières émergentes. Zaz et Rover ont en commun des voix immédiatement reconnaissables, la comparaison s’arrêtant là.

Etre ou ne pas être dans l’actu

Signe que la Sacem n’écoute que son goût et non le bruit médiatique, le Grand Prix des musiques électroniques va au talentueux Wax Tailor plutôt qu’aux omniprésents Daft Punk.

Enfin, Stromae décroche le Prix Rolf Marbot de la chanson de l’année avec «Formidable». En attendant la cérémonie du 25 novembre qui verra tout ce beau monde sur la scène de L’Olympia à Paris, on se prend à rêver d’entendre le théâtral et cérébral Stromae entonner l’hymne «Je suis malade».

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