Paul McCartney sort «New», son quatorzième album solo.
Paul McCartney sort «New», son quatorzième album solo. - Mary McCartney
Benjamin Chapon

 Au rayon des retours dont on n’attendait pas grand-chose, Paul McCartney tenait une place de choix. Et pourtant… L’ex-Beatles, mais aussi l’ex-Wings, sort aujourd’hui son quatorzième album solo, New. Et l’enthousiasme qu’il procure est inversement proportionnel à la déception qu’un autre revenant de l’année, David Bowie, a généré.

Depuis Memory Almost Full, sorti en 2007, et plutôt raté, Paul McCartney n’avait sorti aucun album original. Ses reprises fades de standards jazz américains dans Kisses on the Bottom ont divisé les critiques masi pas les fans, unanimement déçu.

Un nouveau coup de Revolver 

Avec New, Paul McCartney fait le pari insensé de renouer avec la pop des années 1960. Aidé de pas moins de quatre producteurs, le chanteur a créé onze merveilleux titres. Une production très classique, des refrains chantants, des ponts aux arpèges délicats… McCartney a retrouvé le mojo de ses jeunes années. 

S’il fait beaucoup penser à Revolver, l’album chef d’œuvre des Beatles, pour son élégance et sa luxuriance, New n’est pas coincé dans les années 1960. D’ailleurs, Revolver n’était-il pas un album bougrement novateur?

Quatre producteurs pour un son

Paul McCartney a eu l’intelligence de s'accoquiner avec deux produceturs stars, Mark Ronson, l’homme qui a révélé Amy Winehouse à elle-même et réveillé Britney Spears en produisant Toxic, et Paul Epworth, l’architecte du triomphe d’Adele.

A ce bel attelage branché, Paul McCartney a adjoint deux jeunes poulains aux pedigrees 100% «brit pop» : Giles Martin et Ethan Johns. Leurs pères respectifs, George Martin et Glyn Johns, ont tous deux travaillé avec les Beatles en leurs temps.

La grande pop d’antan

Seul le génie, et le charisme sans doute, de Paul McCartney pouvaient permettre à quatre producteurs de livrer un album à la fois aussi homogène dans son allure que joyeusement désordonné dans les pistes mélodiques qu’il emprunte.

C’est sans doute en cela que New renoue avec la grande force des albums pop des années 1960, ces œuvres fait de deux faces de cinq titres chacune, qui s’écoutaient comme de petits opéras épiques.

 A 71 ans, Paul McCartney sait encore y faire pour créer l’événement. Jeudi dernier, il a donné un mini-concert surprise à Times Square, à New York, annoncé une heure auparavant sur Twitter. Il y a joué quatre titres de son nouvel album sous les ovations du public. Il en a profité pour rendre hommage à John Lennon, assassiné à New York en 1980. Aux Etats-Unis plus qu’ailleurs, la gloire posthume de John Lennon éclipse depuis des années le talent de Paul McCartney. New pourrait contribuer à corriger cette injustice.