Le jeu vidéo «Plantes vs Zombies: Garden Warfare».
Le jeu vidéo «Plantes vs Zombies: Garden Warfare». - Microsoft / popcap

Joel Metreau

Ce n’est plus une invasion, c’est une colonisation durable. Demain sort au cinéma World War Z, où la guerre mondiale est désormais livrée contre les zombies. Pendant ce temps en librairies, dans la trilogie Feed (chez Bragelonne), l’écrivain Mira Grant raconte le combat pour la vérité de blogueurs parmi  ces êtres affamés. Le manga I am a Hero s’est vendu à 60.000 exemplaires sur 7 tomes déjà parus (chez Kana), après avoir été nominé cette année dans la sélection officielle d’Angoulême. De son côté, Glénat va lancer Tokyo Ghoul  le 28 août.

Le phénomène «The Walkind Dead»

Mais le succès le plus fort revient au comics avec The Walking Dead, (Delcourt) de Robert Kirkman: 1,6 million d’exemplaires tous tomes confondus se sont vendus en France. Le zombie est sorti de sa niche, tout le monde mange dans sa main. «Mais nous n’avons jamais insisté sur le thème du zombie dans notre marketing, explique l’éditeur Thierry Mornet. On s’est intéressés au phénomène du survivalisme, sur la manière dont une microsociété se constitue face à un environnement hostile.»  Son adaptation télévisée est actuellement en cours de tournage, pour une saison 4 qui sera diffusée en octobre aux Etats-Unis sur AMC.

Du jeu de société au jeu vidéo

Mais qui dit environnement hostile, dit nécessité d’en triompher, à défaut de pouvoir s’y adapter. Que ce soit dans le jeu de plateau, avec «Zombicide» nominé cette année pour l’As d’Or, ou dans le jeu vidéo. «Avant, le zombie était presque cantonné au survival horror, explique Patrick Hellio, journaliste au Journal des Loisirs interactifs. Désormais il s’est répandu à d’autres genres : le jeu de guerre «Call of Duty», le jeu d’aventures-poin’t n’click «The Walking Dead» ou le jeu de stratégie «Plantes vs. Zombies» », où le pauvre mort-vivant est tourné en ridicule par le monde végétal… Une hérésie ? «Il s’est démocratisé au point qu’on a des peluches de zombie!», ajoute ce spécialiste.

Crainte de la contagion

Le zombie est pourtant loin d’être figure de fiction sexy, à la différence du vampire bourreau des coeurs. Mais sa popularité n’est pas prête de s’effriter. « Il répond à deux de nos peurs, constate Maxime Coulombe, sociologue et auteur de Petite Philosophie du zombie (PUF), celle de la contagion et de l’épidémie, mais aussi la crainte de l’apocalypse et de la destruction de l’humanité. Il marque aussi peut-être aussi dans notre société le retour du tabou de la mort». Après tout, les zombies ne sont rien d’autre que des cadavres qui reviennent à la vie.