Seth Gueko, le 29 avril 2013 à l’occasion de la sortie de son nouvel album «Bad Cowboy».
Seth Gueko, le 29 avril 2013 à l’occasion de la sortie de son nouvel album «Bad Cowboy». - V. WARTNER / 20 MINUTES
Stéphane Leblanc

«Quand les Béruriers noirs chantent "la jeunesse emmerde le front national", sur les sons d’une boîte à rythme, ce sont des rockeurs qui font du rap. Moi, je fais pareil, mais en rappeur qui fait du rock.» Seth Gueko aime choquer, mais «c’est une violence artistique», et provoquer, mais «c’est du second degré», assure celui qui sortira son nouvel album, Bad Cowboy, lundi 6 mai.

Ce que ce rappeur aime par-dessus tout, c’est jouer avec les mots. S’exprimer avec des images fortes, des «punchlines» comme on dit aujourd’hui: une image forte dans une phrase percutante assénée sur un rythme plus lent qu’autrefois. «Aujourd’hui, on comprend mieux ce que disent les rappeurs. C’est bien... quand c’est bien! Sinon, on s’ennuie.» Avec Seth Geko, on ne s’ennuie pas.

Invité à commenter l’actualité

Ses mots sont «à déguster comme un bon film d’horreur, un film noir, un film de cul... Ou une comédie». Son pseudo vient de George Clooney dans Une nuit en enfer, de Robert Rodriguez, il admire Tarantino, le cinéma le «branche à mort» et il sait que le rap peut lui «ouvrir des portes». Mais il ajoute, sûr de lui et sans fausse modestie: «Je crois aussi que le cinéma est attiré par mes tournures de phrases.» Un talent qu’il a exercé hier à la rédaction de 20 Minutes, où il était invité pour répondre à vos questions. Et à commenter l’actualité de ce mardi. A voir ici.

 

 

Un talent qu’il exerce aussi sur Twitter. «On est la génération smartphone. C’est addictif, la continuité de la main et de l’oreille». Et Twitter, «c’est le cordon ombilical avec l’actualité des faits divers», qui le passionne, citant surtout ce qui touche à «la criminalité, les flics et les voyous»... La politique, même si «les plus gros voyous sont en cols blancs», l’intéresse moins, surtout depuis qu’il vit en Thaïlande, sur l’île de Phuket, «un rêve de gosse». Ce qui ne l’empêche pas de «décortiquer les journaux» et de prendre des nouvelles du monde. «Ce n’est pas un pays lointain qui va me couper de l’amour des mots. Ni de l’info.»