«The Next Day», retour du David Bowie prodigue

MUSIQUE – À quoi ressemble le très attendu nouvel album de David Bowie…

Benjamin Chapon

— 

David Bowie

David Bowie — DR

Dix ans sans enregistrer d’album, une discrétion médiatique absolue, des rumeurs de maladie grave… C’est peu dire que le retour annoncé de David Bowie a créé une attente. Le chanteur avait choisi le 8 janvier, jour de son anniversaire, pour aviser ses fans qu’il avait enregistré un nouvel album dans le plus grand secret. «The Next Day» ne sortira que le 11 mars mais deux titres sont déjà disponibles: Where Are We Now, ballade mélancolique sur la vie berlinoise dans les années 1970 de Bowie et The Stars (Are Out Tonight) dynamique chanson pop compilant la plupart des gimmicks fétiches de Bowie.


David Bowie - The Stars Are Out Tonight par Flixgr

Le reste de l’album est à l’avenant. Peu de ballades, beaucoup de chansons rock épiques, quelques expérimentations sonores, du saxophone (sic) et des guitares électriques en distorsion systématiques… Mais pas de tube. La principale qualité de cet album, et une surprise pour ceux qui annonçaient un Bowie mourant, est son énergie. Ces chansons donneraient à coup sûr le meilleur d’elles-mêmes sur scène. Hélas, à moins d’un nouveau contre-pied de Bowie, le chanteur ne donnera aucun concert consécutivement à «The Next Day».


Une production datée

Il faudra donc se contenter de ses versions tarabiscotées à la production très présente. David Bowie a co-produit l’album avec son producteur, fidèle depuis plus de quarante ans, Tony Visconti. A eux deux, ils ont construit des chansons qui lorgnent vers le hard rock, voire le heavy métal. Pour le meilleur, I’d Rather Be High, ou le pire, Set The World On Fire.

Les fans absolus de Bowie s’enthousiasmeront en retrouvant ses astuces vocales et sonores de toujours et s’amuseront à recenser les références savantes à ses précédents albums dans des textes riches et malins. Les autres seront peut-être rebutés par la production très datée, et une certaine banalité des mélodies.

Une voix trafiquée

Enfin, parce qu’il reste plus qu’un simple artiste pop, David Bowie ajoute à la fin de son album des titres plus expérimentaux, notamment l’étonnant Heat, sombre et pénétrante chanson où s’entremêlent voix et nappes de synthés.

Dans ce maelström sonore, la voix de Bowie semble toujours là. Mais semble seulement. Difficile en effet de se faire une réelle opinion tant la voix de Bowie est trafiquée. Le résultat est globalement réussi, et lorsqu’il chante en voix brut, comme sur la magnifique ballade You Feel So Lonely You Could Die, on se dit que David Bowie est toujours The Duke. Et qu’il pourrait bien faire encore plusieurs bons albums.

Mots-clés :

Aucun mot-clé.