L'écrivain chinois Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012.
L'écrivain chinois Mo Yan, prix Nobel de littérature 2012. - AP/SIPA

A.G.

Le romancier chinois Mo Yan a reçu le très prestigieux prix Nobel de la littérature 2012 ce jeudi, à Stockholm en Suède. C'est la première fois qu'un écrivain chinois se voit attribuer cette récompense.

De son vrai nom Guan Moye, le romancier de 57 ans né dans la province du Shandong en Chine orientale est issu d'une famille paysanne. Il publie son premier roman, Le radis de Cristal en 1981. C'est à ce moment-là qu'il prend le pseudonyme «Mo Yan», qui signifie «celui qui ne parle pas». Son roman plaît, mais ce n'est qu'avec Le clan du Sorgho, porté à l'écran en 1986 sous le titre Le sorgho rouge par le fameux réalisateur Zhang Yimou, qu'il connaîtra la notoriété.

«Réalisme hallucinant»

Mo Yan est l'un des écrivains les plus réputés en Chine. A ce jour, il a publié 80 romans, essais et nouvelles, dont  «Beaux seins, belles fesses», une vaste fresque historique décrivant la Chine du XXe siècle à partir du portrait d'une famille, et «La Dure loi du karma». Son oeuvre est largement traduite en France, aux éditions Le Seuil. D'après Peter Englund, secrétaire permanent de l'Académie de Suède, cité par Slate, elle évoque «la vie de gens ordinaires, souvent à la campagne, leur lutte pour survivre, pour préserver leur dignité. Ils y arrivent parfois et échouent souvent. Il a une oeuvre assez unique, le surnaturel pénétrant le réalisme le plus pointu». Mo Yan fusionne «avec un réalisme hallucinant les contes populaires, l'histoire et le contemporain», a déclaré l’Académie de Suède ce jeudi.

Selon Peter Englund, Mo Yan était chez lui avec son père lorsqu'il a appris la nouvelle. «Il a dit qu'il était à la fois fou de joie et terrifié.» Le lauréat, qui remporte 8 millions de couronnes (929.000 euros), succède au poète suédois Tomas Tranströmer.