Le tableau de Mark Rothko vandalisé, le 7 octobre 2012, à la Tate Modern à Londres. 
Le tableau de Mark Rothko vandalisé, le 7 octobre 2012, à la Tate Modern à Londres.  - Tim Wright/Rex Featur/REX/SIPA

«Il s’est avancé tranquillement (…) et a fait une marque. Il était resté assis pendant un moment, puis il s'est juste lancé, et il s'est vite esquivé. Surréaliste». C’est ainsi qu’un certain Tim Wright, témoin de la scène, a décrit sur Twitter le comportement du tagueur. Une attitude étrangement calme de la part d’un vandale, en somme. A moins que le vandale ne se considère pas comme tel.

A la peinture noire, celui-ci a inscrit: «Vladimir Umanets, une potentielle œuvre de yellowism». D’après la page Youtube du «yellowism», il s’agit d’un «phénomène autonome dans la culture contemporaine», défini en 2010 par Marcin Lodyga et Vladimir Umanets. Le site officiel du «phénomène» ajoute: «Le Yellowism n’est ni de l’art ni de l’anti-art. Les exemples de Yellowism peuvent ressembler à des œuvres d'art mais ne sont pas des œuvres d'art. (...) Dans le Yellowism, la visibilité du jaune est réduite au minimum. Le jaune est simplement une matière intellectuelle».

«Choqué» de ne pas avoir été arrêté

Surréaliste, là encore. Un homme qui se présente comme le cofondateur Vladimir Umanets s’est entretenu dimanche soir avec un journaliste du Guardian, qui avait appelé un numéro de téléphone figurant sur le site du «yellowism». L’homme déclare être le responsable de la signature, mais considère qu’il n’a «pas détruit la peinture», et n’a «rien volé». Il a en en outre expliqué qu’il admire Rothko, qu’il considère comme l’une des plus grandes personnalités artistiques du siècle dernier.

D’ailleurs, le tableau gagne au change, selon lui. «Je pense que si quelqu’un restaure ce Rothko et enlève ma signature, la valeur de l’oeuvre aura baissé, mais dans quelques années le tableau aura pris de la valeur, grâce à ce que j’ai fait», poursuit-il en se comparant à Marcel Duchamp qui avait signé «R. Mutt», le fameux urinoir en porcelaine, en 1917.

«Je ne crois pas avoir fait quelque chose de criminel. Mais la police peut m’arrêter. Ca me va», a-t-il conclu en ajoutant qu’il avait été «choqué» d’avoir pu tagguer le tableau librement. «Je m’attendais à ce que la sécurité m’arrête aussitôt, parce que j’ai signé devant beaucoup de monde. Il y avait même une caméra de vidéosurveillance», dit-il. Presque déçu.

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