Rugby: Les Néo-Zélandais enterrent-ils déjà l'équipe de France?

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Publié le 19 octobre 2011.

COUPE DU MONDE - Alors que les supporters et la mairie d’Auckland ont déjà la tête aux festivités d'après victoire, les Blacks essayent de prendre les Français au sérieux...

De notre envoyé spécial en Nouvelle-Zélande,

Les Néo-Zélandais ont déjà tout prévu. Les bières sont au frigo, le lundi sera férié et une parade serait programmée dans le centre d’Auckland pour mercredi avec lâcher de plusieurs tonnes de confettis et Richie McCaw sur un char serrant dans ses bras le trophée William Webb-Ellis. Il reste juste un détail à régler: battre ces Français dont tout le monde se demande ici qui a bien pu les inviter à la finale de dimanche. Une simple formalité, à entendre les auditeurs des talk-shows matinaux dont raffolent les Néo-Zélandais et les supporters qu’on peut croiser dans les rues d’Auckland.

Une partie de la presse aussi trinque à la victoire. L’éditorialiste du New-Zealand Herald, April Leremia, s’inquiète même du sort des partenaires de Thierry Dusautoir: «Je n’ai aucun doute sur la victoire des Blacks, les Bleus vont croiser les doigts pour que les 80 minutes passent le plus vite possible.» Pour Vern Cotter, tout est en ordre pour remettre la machine à perdre en marche. «Tout le monde pense que la France va prendre 40 points. A chaque fois, on tombe dans le piège», déplore dans un entretien à l’Equipe l’entraîneur néo-zélandais de Clermont

«Le pays est persuadé d’avoir déjà gagné»

Malgré le traumatisme des défaites de 1999 et 2007 face à ces «imprévisibles» Français, cette douce euphorie commence même à gagner – un peu – les Blacks en personne. Ali Williams et Sonny Bill Williams ont affiché une certaine désinvolture en conférence de presse mardi, le second s’amusant à jouer l’interprète du premier plutôt que de répondre sérieusement aux questions posées sur leur adversaire. «Les joueurs essayent de rester dans leur bulle mais ce n’est pas évident, observe Liam Napier, journaliste pour le Dominion Post. Depuis la victoire contre l’Australie, le pays est déjà persuadé d’avoir gagné la Coupe du monde. Les supporters n’imaginent pas comment leur équipe pourrait être battue par la France, surtout après la demi-finale face aux Gallois.»

Le quart de finale perdu en 2007 (20-18) aurait-t-il suffi à vacciner les hommes de Graham Henry contre un éventuel pêché d’orgueil? Pour ruminer depuis quatre ans cette maudite nuit de Cardiff, le sélectionneur kiwi affiche un respect sans faille pour ce rival impossible à cerner. «La France dans un bon jour peut être la meilleure équipe du monde», prévient-il.  Et si pas grand monde ne pense comme lui, l’ancien buteur Andrew Mehrtens se charge de rappeler qu’en «1999 déjà, personne ne pensait qu’on pouvait perdre cette demi-finale (43-31)». Cette année-là, une parade était aussi prévue pour le retour des champions.

Alexandre Pedro à Auckland
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